RDC–Rwanda | Le gouvernement dénonce une « manipulation » autour du retour des réfugiés rwandais

Dans un communiqué transmis ce 26 mai à plusieurs rédactions, le gouvernement congolais a fermement réagi aux propos tenus sur les réseaux sociaux par le ministre rwandais des Affaires étrangères. Celui-ci affirmait que des réfugiés rwandais, prétendument retenus en otage par les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), auraient été rapatriés par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Une déclaration jugée « inexacte et trompeuse » par le ministère de l’Intérieur, qui rappelle que le retour des réfugiés rwandais s’effectue dans le strict cadre de l’accord tripartite signé en février 2010 à Kigali entre la RDC, le Rwanda et le HCR. Cet accord, qui complète celui de 1994, régit le rapatriement volontaire des réfugiés dans le respect de leur dignité, de leur sécurité et de leur libre arbitre.

Dans son communiqué, Kinshasa précise que les réfugiés concernés avaient été « dûment identifiés et recensés » selon les règles établies par les trois parties. Installés initialement à Karenga, ces réfugiés ont été contraints de fuir vers la région de Sake – notamment dans des écoles comme Kamuronza et Kasinga – à la suite de l’avancée des troupes rwandaises sur le territoire congolais et du démantèlement de plusieurs camps de déplacés. Ces zones se sont alors retrouvées sous contrôle militaire rwandais, ce qui a rendu la situation particulièrement instable.

Pour Kinshasa, les propos du ministre rwandais participent d’une tentative de manipulation de l’opinion publique. Le gouvernement met en garde contre les installations illicites et évoque, à titre d’illustration, l’arrivée le 23 mai de camions transportant des ressortissants rwandais dans la zone de Kabuhanga (territoire de Nyiragongo), en dehors de tout cadre légal établi.

Face à ces tensions, le gouvernement appelle à une réunion urgente du groupe technique tripartite RDC-Rwanda-HCR. Objectif : réaffirmer les principes fondamentaux du rapatriement volontaire et établir une nouvelle feuille de route pour la poursuite du processus, dans le cadre du dialogue régional et du processus de paix en cours.

Kinshasa dit réaffirmer son engagement vis-à-vis des instruments juridiques internationaux en matière de protection des déplacés et réfugiés, tout en dénonçant toute tentative d’instrumentalisation politique de la question migratoire dans un contexte déjà tendu entre les deux voisins.

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