
Le couperet est tombé ce samedi 10 mai, dans l’hémicycle provincial de Mbuji-Mayi. Le gouverneur du Kasaï-Oriental, Jean-Paul Mbwebwa Kapo, a été mis en accusation par les élus provinciaux, dans une ambiance lourde de soupçons et de règlements de comptes. En cause : la gestion opaque de 3 millions de dollars transférés par le pouvoir central, censés relancer l’investissement dans l’une des provinces les plus enclavées du pays.
Sur les 24 députés présents en plénière, 14 ont voté pour sa mise en accusation, un bulletin a été déclaré nul. Le signal est clair : la majorité ne lui fait plus confiance. Dans son sillage, plusieurs membres du gouvernement provincial sont aussi livrés à la justice. Le mot-clé : malversation. L’odeur du détournement flotte dans les travées de l’Assemblée.
L’affaire éclate quelques jours à peine après le retour de Kinshasa du gouverneur, rappelé en urgence par le vice-premier Ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, dans ce qui semble avoir été une tentative de sauvetage diplomatique. Peine perdue.

D’après le règlement intérieur de l’Assemblée provinciale, le gouverneur dispose de 24 heures pour remettre sa démission. Passé ce délai, il est réputé démissionnaire. À l’heure où ces lignes sont écrites, Jean-Paul Mbwebwa n’a encore rien déclaré publiquement. Mais les murs du pouvoir, eux, ont déjà commencé à se fissurer.
Trois millions de dollars. Et le silence d’un gouverneur. Le peuple du Kasaï-Oriental, lui, attend des réponses. Et des comptes.
LUKEKA KALUME