
La province de la Tshuapa pourrait bientôt connaître l’un des programmes d’infrastructures les plus ambitieux de ces dernières années. Le cabinet du ministre des Infrastructures a annoncé, jeudi, l’ouverture des travaux préparatoires avec une délégation d’investisseurs turcs, en vue de lancer un mégaprojet intégré qui combine transport aérien, énergie, eau potable et logements sociaux.
Au cœur des discussions, la construction de trois aéroports modernes à Boende, Bokungu et Ikela. L’un d’eux, présenté comme futur hub international, viserait une capacité d’un million de passagers par an, s’inspirant du modèle architectural de l’aéroport d’Istanbul, a précisé Yassine, manager général de l’entreprise turque HACIOPGLU. Le gouvernement souhaite faire de ces infrastructures un modèle reproductible dans d’autres provinces.


Le projet ne se limite toutefois pas au secteur aérien. Il comprend la construction de 60 000 logements sociaux, un vaste système d’adduction d’eau potable alimenté par une centrale solaire de 10 MW par territoire, ainsi que six réseaux énergétiques solaires supplémentaires pour les différents territoires de la Tshuapa. Une réhabilitation de la voie ferrée Boende–Ilebo–Kisangani figure également dans le plan, compte tenu de son importance économique.
Dirigeant la séance de travail, le directeur de cabinet du ministre des Infrastructures, le professeur Firmin Kiala Ki-Nsoki, a réaffirmé l’appui du gouvernement à cette initiative et laissé entendre que le modèle pourrait être reproduit ailleurs si les résultats sont convaincants. La délégation turque, elle, a salué l’accueil reçu tant du cabinet ministériel que des autorités provinciales, signe d’un partenariat en bonne voie.

Les contours opérationnels du projet doivent encore être précisés, notamment lors de la rencontre attendue avec le ministre John Banza Lunda à son retour au pays. À long terme, les partenaires évoquent également la possibilité d’implanter une raffinerie d’or dans la province, une perspective qui renforcerait davantage l’industrialisation locale.
Espérant Daniel Kambulu