
À Lubumbashi, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a réuni, jeudi, plusieurs acteurs institutionnels, scientifiques et associatifs pour examiner le dossier CDM, une entreprise minière accusée d’avoir laissé s’échapper des eaux acides dans des zones habitées.
Ces fuites auraient exposé les populations locales à des risques sanitaires majeurs et causé d’importants dégâts sur la pêche, l’élevage et l’aquaculture autour de la Petite rivière.


Les échanges ont rapidement convergé vers un constat : la gravité des rejets et l’urgence d’une réponse coordonnée. Dès l’ouverture de la séance, le coordonnateur de la CNDH a rappelé qu’il s’agit d’un dossier sensible, mêlant atteintes potentielles aux droits humains et impacts environnementaux durables.
Autour de la table, les ONG de défense de l’environnement, les services techniques de l’État et plusieurs experts ont exposé leurs analyses. Le Dr Samuel Beya Benyingela, chef de division à la DPAE, a plaidé pour le dépôt d’une plainte formelle contre CDM, estimant que les faits justifient une action judiciaire. Sa position a reçu le soutien de plusieurs cadres, qui ont également insisté sur la nécessité d’associer la population aux démarches afin qu’elle puisse faire valoir ses droits.
À l’issue des discussions, les participants ont arrêté une ligne claire : approfondir les enquêtes, consolider les preuves et préparer un dossier complet en vue d’une action en justice. Une étape qualifiée de « décisive » par plusieurs intervenants, alors que les autorités locales sont régulièrement interpellées sur la gestion des pollutions minières dans le Haut-Katanga.

Cette démarche pourrait marquer un tournant dans la recherche de justice environnementale en République démocratique du Congo, où les communautés riveraines réclament depuis plusieurs années une meilleure protection face aux impacts des activités extractives.
DAN BANZE