Accord de Washington | Un calendrier millimétré pour encadrer le nouveau partenariat stratégique

Moins d’une semaine après l’aval donné à Washington par le Président de la République Félix Tshisekedi et celui du Rwanda, Paul Kagame, sous l’œil du Président américain, Donald Trump, le partenariat stratégique entre les États-Unis et la RDC entre dans sa phase opérationnelle.

L’accord signé le 27 juin 2025, puis entériné ce 4 décembre, s’accompagne d’un calendrier d’exécution précis, pensé pour éviter toute latence dans sa mise en œuvre.

Dans les quinze jours, la RDC et les USA devront notifier la composition du Joint Steering Committee (JSC), l’organe technique central chargé du pilotage du partenariat. Côté américain, le Département d’État dirigera une délégation incluant le Trésor, le Commerce, la DFC et une agence supplémentaire à désigner. Notre pays associera la Présidence ainsi que les Ministères des Affaires étrangères, de l’Économie nationale, des Finances et du Plan.

Dans les trente jours, la RDC doit transmettre deux listes stratégiques : celle des actifs du Strategic Asset Reserve (SAR), couvrant minerais critiques, or et zones d’exploration, ainsi que celle des “DRC Designated Strategic Projects”, les projets jugés prioritaires pour l’industrialisation et la stabilisation économique. Ces documents seront soumis au JSC.

Le premier JSC devra se réunir au plus tard dans les 90 jours, avant de devenir la plateforme permanente de suivi de l’accord. Il se réunira ensuite deux fois par an, en présentiel ou en virtuel, sur convocation conjointe du Département d’État et d’un membre du gouvernement désigné selon l’ordre protocolaire. Des réunions ad hoc pourront être convoquées à tout moment. Un délai minimal de dix jours ouvrables est fixé pour les convocations, sauf accord des deux co-présidents pour un délai réduit.

L’accord intègre également un rôle structurant pour l’ambassade des États-Unis à Kinshasa. Chaque trimestre, la RDC devra fournir des briefings sur les quotas d’exportation du cobalt, les paramètres de décision et leur calendrier d’application. Les membres du JSC pourront y participer.

D’ici 365 jours, devra se tenir la première session du United States–DRC Binational Economic Partnership Forum, une plateforme économique de haut niveau réunissant les deux gouvernements et le secteur privé. Il se réunira ensuite tous les deux ans, alternativement entre Washington et Kinshasa.

Dans un cycle annuel, le JSC devra examiner l’état des réformes fiscales et réglementaires, formuler des recommandations conjointes et, au bout de 18 mois, réévaluer les actifs du SAR n’ayant suscité aucune offre afin de relancer l’intérêt des investisseurs. Tous les trois ans, une revue générale de l’accord sera menée.

Le texte institue enfin un Comité spécial dédié au Grand Inga, composé à parts égales de représentants congolais et américains, chargé de coordonner la mobilisation des capitaux et la gouvernance du mégaprojet hydroélectrique.

La cérémonie du 4 décembre, organisée au siège rebaptisé de l’“Institut Donald Trump pour la paix”, a aussi remis en avant les dimensions sécuritaires du rapprochement regional. Aux côtés du président de la République et celui du Rwanda, plusieurs chefs d’État de la région, Burundi, Kenya, Angola, Togo, avaient été conviés.

Devant ses pairs, le Président Félix Tshisekedi a exprimé sa « profonde gratitude » et affirmé un « espoir sincère » quant à la mise en œuvre de l’accord. Il a assuré que la RDC respecterait ses engagements et dit souhaiter que le Rwanda « en respecte la lettre comme l’esprit », évoquant la nécessité d’une « lutte commune » contre les groupes armés.

LUKEKA KALUME 

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