Patrick Muyaya face à la jeunesse : « La guerre n’est pas contre le régime, mais contre tout notre État »

Le Ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a défendu ce mardi la lecture du gouvernement sur la guerre dans l’Est, lors d’un dialogue intergénérationnel organisé par le Conseil national de la jeunesse au Centre Wallonie-Bruxelles.

Conflit armé, processus de Washington et accord-cadre issu du Dialogue de Doha ont structuré des échanges francs avec une jeunesse avide de clarté et de cohérence.

D’emblée, le porte-parole du gouvernement a tenu à déconstruire ce qu’il qualifie de raccourcis dangereux dans le débat public.

« La guerre que nous vivons n’est pas celle d’un homme ou d’un régime », a-t-il martelé.

Il a rappelé l’ampleur humaine du conflit : près de dix millions de Congolais, civils et combattants confondus, affectés ou emportés par des décennies de violences armées. Pour lui, réduire cette crise à une querelle politique revient à en nier la profondeur historique et sociale.

Dans un ton volontairement pédagogique, Patrick Muyaya a insisté sur la dimension nationale du sacrifice consenti. Les soldats tombés au front, a-t-il rappelé, « sont nos frères, nos cousins », et non les instruments d’un pouvoir abstrait. Les ressources engagées pour la défense, a-t-il poursuivi, proviennent du budget de l’État — des moyens qui, en temps de paix, auraient pu être orientés vers l’éducation, la santé ou les infrastructures.

Sur le terrain diplomatique, le ministre est revenu sur le Dialogue de Doha, présenté comme une étape de clarification plutôt que comme une solution miracle. Selon lui, l’accord-cadre signé dans ce cadre a permis d’identifier huit problèmes structurants liés à la crise, dont deux auraient déjà trouvé un début de résolution. Les autres points, a-t-il promis, feront l’objet de communications détaillées dans les prochains jours, dans un souci de transparence.

En filigrane, le message adressé à la jeunesse était clair : la sortie de crise passe autant par l’action de l’État que par une appropriation collective des enjeux. En misant sur un dialogue intergénérationnel, Patrick Muyaya a cherché à installer un récit de responsabilité partagée, où la paix et l’unité nationale ne relèvent pas seulement des négociations internationales, mais aussi de l’engagement citoyen.

Dan Banze Lwaba

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