
Un an après le verdict historique du 30 septembre 2025, l’ex-président reste en exil. Son camp dénonce toujours
30 septembre 2025 – 30 septembre 2026. Un an.
Il y a un an jour pour jour, la Haute Cour militaire de Kinshasa prononçait un arrêt historique : l’ancien président Joseph Kabila Kabange, 54 ans, au pouvoir de 2001 à 2019, condamné par défaut à la peine capitale.
Après 4 heures d’audience, les juges le reconnaissaient coupable de « trahison, crimes de guerre, organisation d’un mouvement insurrectionnel, complot et participation criminelle avec l’AFC/M23 ».
« Le chef de la coalition AFC/M23 », tranchaient les magistrats, branche politico-militaire soutenue par Kigali qui venait de prendre Goma et Bukavu début 2025.

Le réquisitoire avait été porté par le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, Auditeur général près la Haute Cour militaire – ironie du sort, « mort vendredi 25 septembre 2026 à Kenge » dans le crash TRACEP 9S-GUC avec son collègue Joseph Mutombo Katalayi, Premier président de la Haute Cour militaire. Les deux juges qui l’avaient condamné sont morts.
Peines complémentaires :
– Arrestation immédiate ordonnée
– 33 milliards USD de dommages et intérêts selon Pulse / 29 milliards FC + 2 milliards USD au Sud-Kivu et 2 milliards au Nord-Kivu selon d’autres sources, soit plus de 33 milliards au total
– Biens non confisqués, la peine de confiscation n’étant pas prévue
L’accusation s’appuyait sur des discours publics, des témoignages et le rôle présumé de Kabila dans la création de ‘l’Alliance Fleuve Congo (AFC), vitrine politique du M23.

Un an après, où en est le dossier ?
– Kabila demeure en exil depuis plus de 2 ans, n’est jamais venu physiquement. Le dossier est clos mais inexécutable.
– Depuis fin mai 2025, il a refait surface à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu sous contrôle M23 selon http://Beto.cd, entretenant le flou sur ses déplacements.
– Le 16 octobre 2025 (16 jours après verdict), il lance à Nairobi « Sauvons la RDC » avec Matata Ponyo (condamné en mai 2025 à 245M USD), dans des chambres balayées contre les micros.
– Le 30 mars 2026, première grande interview en 8 ans au New York Times dans une villa au bord du lac Kivu.
Conséquences politiques massives :
– PPRD suspendu, plusieurs cadres arrêtés, biens de l’ex-dirigeant saisis ou sous contrôle État
– Activités politiques du camp Kabila fortement réduites au pays
– FCC dénonce : « procédure illégale et politiquement motivée », « vaste blague » selon Shadary, rappelle statut de sénateur à vie article 104 alinéa 7 et loi 18/021 du 26 juillet 2018 qui exige vote 2/3 des chambres réunies en Congrès pour lever immunité
– UDPS salue : « Nul n’est au-dessus de la loi, si nous laissons l’impunité, il n’y aura pas de vraie réconciliation »
– Société civile divisée, HRW y voit « un message aux autres opposants »
L’invité impossible du dialogue
Quand le cardinal Fridolin Ambongo annonce le 17 juillet 2026 un dialogue « entre les fils et les filles du Congo », Kabila est l’absent encombrant. Pour Fayulu, Katumbi, participer est un choix. Pour Kabila, revenir à Kinshasa, c’est s’exposer à l’exécution d’une peine capitale. Sa géographie dit l’impasse : en RDC, mais dans une zone que l’État ne contrôle pas, protégé par l’avancée même qu’on l’accuse d’avoir soutenue.
Un an après, les deux camps maintiennent les mêmes positions : Kinshasa le considère comme acteur de déstabilisation, son entourage rejette tout.
Freddy Millions Mbwebwe