À Genève, la RDC convainc l’ONU sur un « projet criminel systématique » dans l’Est

La Ministre des Droits humains, Maître Chantal Chambu Mwavita, a remis aux Nations unies un rapport détaillant de graves violations des droits de l’homme attribuées aux rebelles du M23 et à l’armée rwandaise, dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Le document évoque des exécutions sommaires, des viols collectifs, l’enrôlement forcé d’enfants et des déplacements massifs de populations. Kinshasa parle d’un « projet criminel systématique », et non de simples affrontements armés. « Le monde ne peut plus détourner les yeux », a déclaré la Ministre devant le Conseil des droits de l’homme, appelant à :

– L’application de la Résolution 2773 de l’ONU,

– La saisine de la Cour pénale internationale (CPI),

– La mise en place d’un mécanisme spécial pour la RDC, comme dans d’autres contextes de crise.

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a confirmé la gravité des faits, évoquant une offensive « indiscriminée » du M23 sur la ville de Goma en janvier dernier.

En marge de la session, Maître Chantal Chambu Mwavita a également rencontré Filippo Grandi, Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR), afin d’exprimer les préoccupations du gouvernement quant à la déportation de civils congolais vers le Rwanda. Elle a demandé la suspension immédiate de tout processus en cours, dénonçant l’absence de coordination avec les autorités congolaises.

La Vice-Ministre des Affaires étrangères, Gracia Yamba Kazadi, a pour sa part pris part au Dialogue Interactif Renforcé tenu le 16 juin dans le cadre de la Résolution A/HRC/RES/S-37/1, adoptée à l’unanimité en février dernier, portant sur la situation dans l’Est de la RDC.

Kinshasa appelle la communauté internationale à une prise de position claire face aux violations persistantes, et à ne pas sacrifier les droits des civils congolais à des considérations géopolitiques.

 

DAN BANZE

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