RDC | Les écoles désormais interdites d’exclure les élèves enceintes

Nouvelle directive du ministère de l’Éducation et de la Nouvelle Citoyenneté : les établissements scolaires ne pourront plus exclure les adolescentes enceintes. Objectif : garantir leur droit à l’éducation, sans stigmatisation.

C’est une petite révolution dans le système éducatif congolais. À travers une note officielle signée par le secrétaire général a.i, Alexis Yoka, le ministère de l’Éducation et de la Nouvelle Citoyenneté (MINEDU-NC) interdit désormais formellement aux écoles — publiques comme privées — d’exclure les élèves enceintes. Cette mesure, rendue publique cette semaine, entend garantir à toutes les jeunes filles un accès équitable à l’éducation, quelles que soient leurs circonstances personnelles.

Cette décision s’inscrit dans une volonté gouvernementale plus large de promouvoir l’inclusion scolaire et de lutter contre les discriminations dont sont souvent victimes les adolescentes enceintes. Les établissements réfractaires s’exposent à des sanctions administratives, rappelle le ministère.

Saluée par plusieurs ONG de défense des droits des femmes et des enfants, cette directive marque une rupture avec des pratiques longtemps tolérées, voire institutionnalisées.

« Il ne s’agit pas seulement de laisser les filles enceintes à l’école. Il s’agit de leur garantir un avenir », estime une militante des droits éducatifs à Kinshasa.

En permettant à ces jeunes filles de poursuivre leur cursus, le gouvernement espère favoriser leur autonomisation et rompre le cycle d’exclusion sociale. Car l’impact d’une grossesse sur la scolarité reste lourd : interruption d’études, marginalisation, précarisation. Or, dans un pays où les inégalités de genre sont encore fortes, cette politique pourrait bien contribuer à inverser la tendance.

Au-delà de la portée éducative, la mesure envoie un message politique : celui d’un État qui reconnaît le droit à l’erreur, le droit à la seconde chance et l’importance de l’instruction comme levier de transformation sociale. Une volonté de rupture avec un système éducatif longtemps accusé d’être rigide et punitif.

Reste désormais à assurer l’application effective de cette directive sur tout le territoire national, dans un contexte marqué par de profondes disparités entre provinces, et un système scolaire souvent sous-financé. Mais pour de nombreuses jeunes filles, cette annonce pourrait bien changer le cours de leur vie.

DAN BANZE

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