Face aux pétitions, Vital Kamerhe demande pardon aux députés nationaux et réaffirme sa loyauté à Tshisekedi 

À l’ouverture de la session budgétaire, ce lundi 15 septembre, le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, a choisi d’affronter la fronde parlementaire par un discours conciliant.

Alors que des pétitions réclament sa destitution et celle de son bureau, l’allié de longue date du président Félix Tshisekedi a multiplié les appels à l’unité et au pardon, tout en rejetant l’idée d’un affrontement politique.

« Il s’agit d’un exercice parlementaire légitime qui témoigne de la vitalité de notre démocratie », a-t-il déclaré.

Reconnaissant que certains élus se sont sentis « froissés » par sa gestion, il leur a présenté « ses regrets les plus sincères » et affirmé leur offrir « son pardon ».

« S’il y en a parmi vous qui se sont sentis froissés, heurtés ou dérangés… qu’ils daignent bien accepter l’expression de mes regrets les plus sincères et je leur offre mon pardon. »

La pétition, menée par Crispin Mbidule, un ancien cadre de son propre parti, l’UNC, a déjà recueilli plus de la moitié des signatures à l’Assemblée. Les griefs portent sur le retard dans le contrôle parlementaire, dix mois d’arriérés de frais de fonctionnement et une couverture médicale jugée insuffisante. Des accusations similaires visent le bureau du Sénat dirigé par Jean-Michel Sama Lukonde.

Face à ces critiques, Kamerhe a rappelé que les crédits de l’Assemblée ont été réduits de plus d’un quart, rendant difficile toute amélioration des avantages des députés. Mais il a surtout replacé la controverse dans un cadre national plus large, appelant à « ne pas transformer une action parlementaire compréhensible en instrument de déstabilisation ».

« Je vous invite donc à la plus grande vigilance, pour ne pas donner l’occasion à l’ennemi de transformer une action parlementaire compréhensible en un instrument politique au service de son plan de déstabilisation et de division de notre nation. »

Se présentant à nouveau comme « le pacificateur », il a insisté sur la nécessité de « resserrer les rangs derrière le commandant suprême des forces armées », en référence au président Félix Tshisekedi.

« Ma loyauté envers la nation n’a jamais failli… et aujourd’hui, elle est plus que renforcée par l’engagement que j’ai pris, de servir la nation au côté du président de la République, son excellence Félix Tshisekedi. »

Vital Kamerhe a également mis en avant le rôle des jeunes parlementaires, annonçant la création d’une « académie parlementaire » en collaboration avec l’École nationale d’administration, pour renforcer leurs capacités.

« Mes chers jeunes, votre appel a été entendu et le bureau s’emploiera à créer les conditions de votre épanouissement… notamment à travers une académie parlementaire en étroite collaboration avec l’ENA. »

Et de conclure par un verset biblique du Psaume 133, en appelant à la paix et à la cohésion nationale.

« Voici, oh, qu’il est agréable, qu’il est doux, pour des frères de demeurer ensemble dans l’unité… La paix finira par l’emporter, quelle que soit la durée de la guerre. »

Si l’UDPS a officiellement nié toute implication dans cette fronde, son secrétaire général, Augustin Kabuya, a reconnu que l’arbitrage final dépendra du chef de l’État. En attendant, le budget national, qui devait être au cœur des débats, risque d’être relégué au second plan par les incertitudes autour du sort des deux chambres.

LUKEKA KALUME 

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