
Un maillon clé du système hospitalier en RDC demeure largement ignoré : celui des aides-soignants.
Dans les hôpitaux publics comme privés, la profession a pratiquement disparu. L’aide-soignant, pourtant indispensable, toilette, hygiène, alimentation, surveillance des paramètres vitaux, soutien moral, appui aux infirmiers, n’est plus présent dans la majorité des structures du pays. À l’Hôpital général Hakika, dans la commune de la Ruashi, le personnel confirme :
« Les aides-soignants existaient jadis, mais la crise économique et l’absence de rémunération ont fini par les faire disparaître. Aujourd’hui, ils sont remplacés par des gardes-malades, souvent non formés. »
Cette érosion s’accompagne d’une méconnaissance étonnante. Certains médecins, à Malemba Nkulu, reconnaissent n’avoir jamais entendu parler de ce métier. À Lubumbashi, le docteur Justin Mulume regrette lui aussi l’absence de prise de position claire des autorités sanitaires sur « un personnel pourtant essentiel au fonctionnement quotidien des services ».
Pour nombre d’experts, le redressement passe par la création d’une filière de formation adaptée, assortie d’un statut professionnel et d’une prise en charge salariale stable. Un chantier d’autant plus urgent que, chaque 26 novembre, le monde rend hommage aux aides-soignants, rappelant le rôle de premier recours qu’ils jouent auprès des patients les plus vulnérables.
DAN BANZE