
À Luilu, dans le Lualaba, la RN39 devait relier plus efficacement la cité à Kolwezi et soutenir l’activité économique locale. Mais le projet, lancé en juin 2025, apparaît aujourd’hui à l’abandon. Après un démarrage présenté comme prometteur par l’entreprise Sabaoth, les engins ont disparu, les panneaux ont été retirés, et le chantier s’est figé en pleine saison des pluies.
Relancé brièvement en septembre par la gouverneure Fifi Masuka, le tronçon n’a été asphalté qu’à hauteur de trois kilomètres, entre Kanzenze et l’entrée de KCC. Le reste de la route demeure un corridor de poussière, de gravier et de nids-de-poule, devenu difficilement praticable pour les transporteurs comme pour les habitants.
Sur place, le mécontentement grandit. Erick, chauffeur sur la ligne Luilu-Kolwezi, décrit des conditions de circulation éprouvantes :
« Même en plein jour, on roule avec les phares à cause de la poussière. Les voitures tombent en panne, et nous, on finit la journée avec des douleurs partout. Les maisons, les arbres, les visages… tout est recouvert d’une couche beige. À Luilu, on nettoie, et une heure après, tout est à refaire. »
Selon un ingénieur de Sabaoth, les travaux seraient paralysés par un financement insuffisant :
« La province a arrêté de payer. Impossible de continuer », explique-t-il.
Une situation qui illustre les difficultés rencontrées par plusieurs chantiers routiers du Lualaba.
Dimanche dernier, la visite de la gouverneure à Luilu a ravivé les critiques : elle aurait contourné la RN39 qu’elle avait pourtant relancée quelques mois plus tôt, signe de l’état de dégradation du tronçon.
En attendant une reprise effective du projet, Luilu continue de vivre au rythme de la poussière et des promesses suspendues.
DAN BANZE