Le Président Félix Tshisekedi désavoue et condamne les propos du général Sylvain Ekenge sur les femmes tutsi

Le Président de la République, Félix Tshisekedi, a ouvert l’année politique en présidant, ce vendredi à la Cité de l’Union africaine, la 76ᵉ réunion du Premier Conseil des ministres de l’année 2026, rapporté par le porte-parole du Gouvernement dans le compte-rendu. À cette occasion, le chef de l’État a fixé les priorités opérationnelles du gouvernement pour 2026 et a pris des décisions visant à renforcer la discipline de l’action publique et de la communication officielle.

Dès l’ouverture des travaux, Félix Tshisekedi a réitéré aux membres du gouvernement ses vœux de paix, de santé et d’engagement républicain, avant de rappeler que les instructions données lors des précédentes réunions demeurent pleinement en vigueur. Il a ainsi confirmé le cadre de référence de l’action gouvernementale et exigé que l’année 2026 marque un passage effectif de la planification à l’impact concret sur la vie des citoyens.

Le Président de la République a, dans ce sens, demandé aux ministres d’accélérer l’exécution des objectifs assignés, en mettant l’accent sur la finalisation des projets en cours et la concrétisation de ceux restés jusque-là à l’état de promesse. Il a notamment insisté sur la mise en œuvre effective de la première phase du Programme de développement local des 145 territoires PDL 145, qu’il a présenté comme un engagement prioritaire de l’État envers les populations locales.

Au-delà de ce programme, Félix Tshisekedi a orienté l’action gouvernementale vers plusieurs secteurs jugés stratégiques, notamment les infrastructures, l’agriculture, la fonction publique, les finances publiques, les transports, l’économie nationale, les hydrocarbures, les mines et l’identification de la population. Il a rappelé que ces chantiers constituent des piliers de la transformation économique et sociale du pays et a exigé qu’ils soient conduits avec célérité, transparence et efficacité.

Sur le plan institutionnel, le chef de l’État a appelé à un renforcement immédiat de la coordination interministérielle. Il a instruit le gouvernement de lever les blocages administratifs et financiers qui freinent l’exécution des projets et d’inscrire l’action publique dans une logique collective, fondée sur la reddition des comptes. Chaque ministre est désormais tenu de produire des résultats concrets, mesurables et vérifiables, conformément aux feuilles de route sectorielles définies.

Afin d’assurer un suivi rigoureux de ces orientations, Félix Tshisekedi a chargé la Première ministre Judith Suminwa de piloter la production des résultats attendus. Il lui a confié la mise en place d’un mécanisme de monitoring institutionnel associant les ministères concernés et son cabinet, avec pour objectif de suivre l’exécution des décisions, capitaliser les avancées et consolider durablement les acquis.

Lors de cette même réunion, le Président de la République est également intervenu sur la question sensible de la communication publique. Il a exprimé sa désapprobation à la suite d’une récente sortie médiatique du porte-parole des Forces armées de la RDC, le général suspendu Sylvain Ekenge, diffusée sur la chaîne nationale, RTNC, au cours de laquelle des propos jugés méprisants et stigmatisants à l’égard des femmes de la communauté tutsi ont été tenus.

Félix Tshisekedi a dénoncé ces dérives de langage et estimé qu’elles ne reflètent ni les valeurs républicaines ni l’éthique attendue d’une institution aussi stratégique que l’armée. Il a averti que de tels propos sont susceptibles d’affaiblir la cohésion nationale, d’alimenter des tensions sociales et de nuire à la crédibilité de l’État. Le chef de l’État a, par ailleurs, entériné les mesures prises à l’encontre de l’auteur de ces déclarations.

Pour prévenir la répétition de tels incidents, le président de la République a donné des instructions claires au ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement. Il lui a ordonné de mettre en place sans délai un mécanisme formel de concertation préalable pour toute communication officielle portant sur des sujets sensibles. Ce dispositif associera notamment la Présidence, la Primature, l’état-major général des FARDC et la Police nationale congolaise.

LUKEKA KALUME 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.