Situation au Sud-Kivu | Le Gouvernement presse Washington de durcir les sanctions contre le Rwanda face à la désescalade

Alors que des positions du M23 appuyées par des unités rwandaises ont été signalées à l’entrée d’Uvira, la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a appelé l’administration Trump à renforcer les sanctions ciblées contre le Rwanda afin de « restaurer la crédibilité » de sa médiation dans la crise sécuritaire à l’est de la RDC.

Selon les Nations unies, près de 200 000 civils ont été déplacés et plusieurs dizaines de personnes tuées au cours des derniers jours, conséquence directe de la progression des rebelles dans le Sud-Kivu. Une aggravation qui survient une semaine seulement après la rencontre du 4 décembre à Washington, où les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, sous l’égide de Donald Trump, avaient entériné un accord censé ramener l’accalmie entre les deux voisins.

Face à la persistance des combats, Thérèse Kayikwamba Wagner préconise des mesures visant « les personnes haut placées » au Rwanda ainsi que les institutions directement impliquées, dont l’armée rwandaise, afin d’entraver sa capacité d’approvisionnement en matériel militaire.

« Washington doit rétablir la crédibilité de son processus par la responsabilisation », a-t-elle déclaré, estimant que « condamner ne suffit plus » au regard du nombre croissant de victimes.

Un rapport onusien récemment publié affirme, « preuves à l’appui », que 6 000 à 7 000 militaires rwandais seraient actuellement déployés en territoire congolais. Kigali continue pourtant de nier tout soutien au M23, soutenant que ses troupes présentes à la frontière ne servent qu’à des « mesures défensives ».

Interrogé par Reuters, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, juge que d’éventuelles sanctions américaines ne mettraient pas fin aux combats. Tout en affirmant que Kigali n’appuie pas le M23, il attribue l’escalade actuelle au « manque de volonté politique » de Kinshasa d’appliquer les accords de paix, évoquant également un moratoire sur les frappes aériennes qui aurait été convenu lors d’une réunion à Washington le mois dernier.

LUKEKA KALUME 

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