
Le climat social est particulièrement tendu au sein de l’administration publique du territoire de Bolobo, dans la province de Mai-Ndombe, depuis plusieurs semaines.
Les agents de l’État et les professionnels de santé expriment leur mécontentement suite au blocage de leurs salaires des mois d’octobre, novembre et décembre 2025, et mettent en cause la banque Afriland.
Privés de revenus pendant la période des festivités de fin d’année, ces fonctionnaires exigent désormais une mesure radicale : le changement de leur institution de paie.
« Nous avons fêté sans argent »
La semaine dernière, une assemblée a été convoquée pour faire entendre leur voix. Donat Limbili, administrateur gestionnaire et porte-parole de circonstance, a lu une déclaration commune soulignant l’urgence de la situation :
« Nous ne savons pas jusqu’à présent où se trouve notre argent. Nous avons l’habitude d’être payés par la banque Afriland, mais jusqu’à présent nous sommes sans rien. Nous n’avons aucune assurance de retrouver ces fonds. »
Face à ce qu’ils perçoivent comme une défaillance de la banque, les grévistes demandent leur transfert vers une autre structure, mentionnant l’IFOD Caritas comme une alternative potentielle pour assurer le versement de leurs salaires.
Au-delà des retards de paiement, les fonctionnaires de Bolobo dénoncent une injustice plus profonde liée à la gestion de leur carrière et à la rémunération. Ils critiquent l’indifférence du gouvernement central concernant leur intégration sur les listes de paie, un processus crucial pour leur reconnaissance professionnelle.
De plus, plusieurs agents en fin de carrière se préparent à partir à la retraite sans avoir perçu ni leurs derniers salaires, ni leurs primes d’État. Le cri de détresse est clair :
« Bolobo est abandonné ».
Les agents exigent que la planification budgétaire de 2026 prenne enfin en compte la régularisation de leur situation.
Willy Ulengu Samuanda