RDC–Côte d’Ivoire | Un partenariat stratégique pour un recensement crédible de plus de 100 millions d’habitants

Quarante-deux ans après son dernier dénombrement, la RDC se tourne vers le « modèle ivoirien » pour réussir son deuxième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH-2). À Abidjan, le Ministre du plan de la RDC, Guylain Nyembo scelle une alliance technologique et stratégique pour transformer ce défi logistique en moteur de développement.

Le chiffre est vertigineux : 1984. C’est la date du dernier recensement exhaustif en République démocratique du Congo. Pour mettre fin à quatre décennies de pilotage à vue, le Ministre d’État au Plan, Guylain Nyembo, a posé ses valises à Abidjan ce 30 mars 2026. L’objectif est clair : importer l’expertise ivoirienne, référence continentale depuis son succès numérique de 2021, pour doter la RDC d’une cartographie humaine fiable.

L’axe Abidjan-Kinshasa : plus qu’une visite, un transfert de savoir

Accueilli par son homologue Souleymane Diarrassouba, Guylain Nyembo n’est pas venu pour une simple visite de courtoisie. Au menu : cadrage institutionnel, examen de la feuille de route et immersion dans les rouages de l’Agence Nationale des Statistiques (ANSTAT) ivoirienne.

« Nous sommes ici pour nous imprégner d’un modèle qui a fait ses preuves », a martelé le Ministre congolais.

Cette coopération Sud-Sud se concrétise déjà par un geste fort : la fourniture de 3 000 tablettes par la Côte d’Ivoire, premier jalon d’une numérisation massive des opérations de terrain.

Les trois clés du succès

Pour Souleymane Diarrassouba, la réussite d’une telle entreprise ne repose pas uniquement sur la technologie, mais sur un triptyque rigoureux :

1. Le leadership politique pour garantir la continuité du processus.

2. La coordination interinstitutionnelle pour briser les silos administratifs.

3. Les partenariats stratégiques avec les bailleurs (UNFPA, partenaires techniques).

Pourquoi c’est un tournant ?

Au-delà des chiffres, le RGPH-2 est l’outil ultime de souveraineté économique. Pour Kinshasa, disposer de données précises signifie mieux planifier l’urbanisation galopante, ajuster les programmes de santé et, surtout, rassurer les investisseurs internationaux. En quittant Abidjan, Guylain Nyembo ne ramène pas seulement une méthode, mais l’espoir d’une gouvernance enfin basée sur la réalité du terrain.

 

 Par Willy Ulengu Samuanda

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.