Ituri | À Auko, les voix s’élèvent contre une exploitation aurifère illégale

Dans les collines boisées du groupement Auko, au cœur de la chefferie des Aluru, la contestation prend racine. Le jeudi 26 mars, une délégation communautaire s’est rendue chez l’administrateur du territoire d’Aru pour dénoncer une exploitation aurifère jugée illégale, menée par des ressortissants chinois dans les villages de Lolodhi et Ongo.

Le document remis aux autorités locales est sans ambiguïté :

« Nous, population de la chefferie des Aluru, dénonçons l’exploitation illicite de l’or et exprimons notre profonde indignation. »

Ce rejet ne se limite pas à la légalité administrative. Il traduit une inquiétude plus large : dégradation des terres, pollution des rivières, destruction des champs agricoles. L’agriculture, pilier de l’économie locale, est directement menacée.

Les habitants pointent du doigt une exploitation menée sans consultation préalable, sans consentement, et sans retombées économiques pour la communauté. Le non-respect des autorités coutumières et des lois nationales alimente un sentiment d’exclusion et d’injustice.

La communauté d’Auko réclame :

– Le remblayage des trous dans un délai de 72 heures

– L’arrêt immédiat des activités à Lolodhi et Ongo

– Le retrait sans condition des exploitants

– Une enquête sérieuse par les autorités compétentes

– La réparation des préjudices causés à l’environnement et aux habitants

– L’implication effective de la population dans toute décision future

Cette mobilisation locale reflète une crise plus large : celle de la gouvernance minière en Ituri. L’or, ressource stratégique, attire des intérêts multiples. Mais l’absence de contrôle et la porosité des circuits d’exploitation favorisent les abus.

Les communautés appellent à un rétablissement de l’autorité de l’État et à une protection effective des droits locaux.

Pour éviter que l’or ne devienne une malédiction, il est urgent de :

– Renforcer les mécanismes de régulation minière

– Garantir la transparence des autorisations

– Impliquer les communautés dans la gouvernance des ressources

– Sanctionner les exploitations illégales et réparer les dommages

L’avenir de l’Ituri dépend d’une exploitation responsable, équitable et respectueuse des droits humains et environnementaux.

 

Willy Ulengu Samuanda

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