
À une vingtaine de kilomètres de Pointe-Noire, le site historique de Loango s’apprête à devenir un haut lieu de mémoire universel. Les autorités congolaises ont lancé en 2025 la construction d’un mémorial et d’un musée consacrés à la traite négrière, afin de réhabiliter le rôle de l’Afrique centrale dans cette histoire longtemps occultée.
Du XVIᵉ au XIXᵉ siècle, Loango fut l’un des principaux ports de déportation vers les Amériques. Les historiens estiment qu’entre 2 et 3 millions de captifs – hommes, femmes et enfants – y ont transité, arrachés à leurs terres depuis l’actuel Congo, l’Angola, le Gabon ou la RDC. Près de la moitié des déportations transatlantiques auraient pris racine sur ces côtes.
Aujourd’hui, les vestiges de ce passé demeurent visibles : pistes sablonneuses, anciens marchés, et symboles tels que “l’arbre de l’oubli”, autour duquel les captifs accomplissaient des rituels avant l’exil. Un patrimoine longtemps relégué dans l’ombre, mais chargé d’émotion.
Le projet de mémorial ambitionne de transformer Loango en centre de recherche sur l’esclavage et en pont entre l’Afrique et sa diaspora. Il s’agit de redonner une voix aux millions d’oubliés de Loango et d’inscrire l’Afrique centrale dans une historiographie trop souvent dominée par les récits d’Afrique de l’Ouest.
Une mémoire longtemps silencieuse, désormais reconstruite pierre après pierre.
Dan Banze lwaba