
Me Vincent Kayembe Tshiamumanya, Coordonnateur provincial de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) pour le Kasaï Central, n’a pas caché sa joie en s’adressant aux journalistes de Sasa Studio le soir de ce lundi 21 octobre. La cause de sa satisfaction ? Une résolution prise par le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU lors de la 57ème session des droits de l’homme, ce qui marque un grand tournant pour la région.
Cette résolution, qui concerne spécifiquement la République Démocratique du Congo, met l’accent sur un soutien financier, un appui technique et un renforcement des capacités dans le domaine des droits de l’homme. Ce qui a particulièrement ravi Maître Kayembe, c’est que le Kasaï Central est directement mentionné dans le texte.
Il explique que la résolution demande expressément au Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme d’apporter l’assistance nécessaire à la Commission provinciale Vérité, Justice et Réconciliation. Cette commission, ancrée dans le cadre de la justice transitionnelle, a pour mission de rétablir la vérité, d’apporter des réparations et de garantir que les violations des droits de l’homme observées ne se reproduisent pas.
« Il est clairement demandé au Haut Commissariat des nations unies au droit de l’homme de pouvoir apporter toute l’assistance technique et financière indispensable à l’accomplissement du mandat de la commission provinciale vérité Justice et réconciliation. Ce qu’il faudrait permettre à cette commission qui s’inscrit dans la droite ligne de ce qu’on appelle la justice transitionnelle d’accomplir avec doigté, avec célérité sa mission et conformément à l’édit qu’il a créé », a laissé entendre le coordonnateur provincial de la CNDH Kasaï Central.

Maître Kayembe souligne par ailleurs l’importance de cette commission dans le contexte de la province, qui a été profondément marquée par les violences du phénomène Kamuina Nsapu.
« Il y a eu beaucoup de cas de violation de droits de l’homme et du droit international humanitaire. Pareils actes ne peuvent pas demeurer impunis », déclare-t-il.
Il ajoute que la commission doit travailler à la réconciliation et permettre aux victimes d’accéder à la justice, un droit fondamental pour chaque citoyen.

Selon lui, il est capital que cette commission puisse accomplir sa mission dans les meilleures conditions possibles, notamment en bénéficiant des réformes nécessaires pour éviter toute récidive des événements tragiques passés.
« Il faut que cette commission offre des garanties de non-répétition à travers ce qu’on appelle les réformes qu’il faut entreprendre. Il faut envisager pour que ce que nous avons vécu du temps de Kamuina Nsapu ne se répète plus », insiste-t-il.
Il a également appelé les autorités provinciales et les agences des Nations Unies à répondre à cette résolution en fournissant les ressources financières indispensables à la réussite de la Commission provinciale Vérité, Justice et Réconciliation.
La CNDH, rappelle-t-il, est une des trois institutions d’appui à la démocratie en RDC. Elle a pour mission la promotion et la protection des droits de l’homme, notamment à travers des enquêtes et des actions de sensibilisation. Institution impartiale et apolitique, elle agit comme conseiller auprès des pouvoirs publics pour garantir le respect des droits fondamentaux des citoyens.
Anastasie Mimbolo