Boycott des consultations par le FCC | Le clan Kabila joue-t-il la carte de l’opposant intransigeant ou celle du retour en force sur un terrain miné ?

Le message est clair : le Front Commun pour le Congo (FCC) ne participera pas aux consultations en vue de la formation du gouvernement d’union nationale.

Raymond Tshibanda, coordonnateur de la famille politique de Joseph Kabila, l’a martelé ce lundi :

« Le FCC ne se sent pas concerné par ces consultations ».

Dans un communiqué au vitriol, l’ancien chef de la diplomatie congolaise dénonce des institutions « illégitimes », issues d’élections qu’il qualifie de « frauduleuses ».

« Cette illégitimité est une des principales causes de la crise actuelle », insiste-t-il, appelant à ne pas l’ignorer dans les discussions.

Pendant ce temps, au Palais de la Nation, les grandes manœuvres ont bien commencé. Désiré Cashmir Kolongele, conseiller spécial de Félix Tshisekedi en matière de sécurité, a lancé ce lundi les discussions censées déboucher sur un nouvel équilibre politique. Premier à être reçu : Jean-Michel Sama Lukonde, président du Sénat.

L’objectif ? Rassembler majorité, opposition et société civile autour d’un gouvernement élargi, censé affronter la crise sécuritaire dans l’Est et les tensions politiques croissantes. Une ambition que le FCC balaie d’un revers de main.

Ce refus de participer complique une équation déjà délicate. En s’excluant du processus, le clan Kabila joue-t-il la carte de l’opposant intransigeant ou celle du retour en force sur un terrain miné ?

Tshisekedi, lui, doit manœuvrer serré. Sa majorité est plurielle, souvent tiraillée par des intérêts divergents. Son gouvernement d’union ne sera crédible que s’il donne des gages d’ouverture. Mais comment composer avec un FCC qui refuse le dialogue ?

Une chose est sûre : ces consultations ressemblent déjà à une partie d’échecs à haut risque.

 

LUKEKA KALUME

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