Consultations politiques | Reçu par le professeur Kolongele, le Président du parti « Nkita », Jerry Lubala, alerte le sommet de l’État

Consultations nationales closes, avertissements ouverts. Ce lundi 7 avril, Jerry Lubala, président du parti d’opposition républicaine “Nkita”, est sorti de sa rencontre avec le Professeur Désiré-Cashmir Eberande Kolongele, conseiller spécial du Président Tshisekedi en charge de la sécurité, avec un message clair : le pays est en train de glisser, et personne ne restera debout si le corps du Congo s’effondre.

Dans un échange que l’on devine tendu, mais « élégamment conduit », selon les mots du Président de Nkita devant les médias, plusieurs piliers de la nation ont été passés au crible.

« Vous devez savoir que les éléments sur l’État n’existent plus. Les quatre piliers d’un État ou la colonne vertébrale d’un État n’existe plus. L’armée, la police, la justice et plus grave, l’administration. Nous avons des poches de nos droits partout au Congo. Et donc, s’il faut passer à la refondation de l’État, c’est le point de départ ».

Pour Jerry Lubala, il ne s’agit plus d’un simple dysfonctionnement, mais d’un effondrement. Un mot fort, assumé, qui résonne dans les murs d’un État de plus en plus fragilisé.

Jerry Lubala se veut une passerelle : entre la société civile, l’opposition radicale et l’État. Un pont instable, mais un pont tout de même. Il assume son rôle d’opposant, pas pour détruire, mais pour proposer :

« Nous avons apporté notre expertise. Nous ne venons pas jeter des pierres, mais signaler l’incendie. »

Et l’expertise commence par un constat sans fard : la refondation de l’État ne peut plus attendre.

L’eau, l’électricité, la santé, les routes… Pour son parti « Nkita », les Congolais ne demandent pas la lune, ils demandent simplement de ne pas s’éteindre.

« Si dans trois ans, rien n’est fait, nous allons disparaître », martlèle le Président Jerry Lubala.

Derrière cette phrase, une angoisse existentielle : celle d’un peuple oublié, qui glisse lentement dans l’abîme du déni.

Jerry Lubala n’élude rien. Conflits tribaux transfrontaliers, retour des réfugiés, discours de haine, milices incontrôlées… Le tableau est sombre, inquiétant, presque fataliste. Le cas des Wazalendo, ces civils patriotes armés aux côtés des FARDC, est évoqué comme une « mine explosive ». Et une question brutale : Après la paix, que fait-on d’eux ? Le risque est là, tangible :

« Une armée de rébellion, des écoles de rébellion, des églises de rébellion… même des banques de rébellion. »

Citant une anecdote en lingala, Jerry Lubala résume son propos par une métaphore qui claque comme une gifle :

« Soki mutu nayo esali erreur, nzoto mobimba ekofuta erreur wana. » (Si la tête fait une erreur, c’est tout le corps qui en paie le prix.)

Car pour lui, le Congo est un corps. La main, l’opposition. La jambe, le pouvoir. Mais si la tête – comprendre la présidence – trébuche, c’est tout l’organisme national qui tombe.

Jerry Lubala ne se cache pas : il donne jusqu’à la fin avril pour « lever des options urgentes » et remettre les acteurs politiques à leur place légitime. Avant qu’il ne soit trop tard. Avant que Kinshasa ne devienne une scène de théâtre pour une rébellion généralisée, dans laquelle même l’économie se liguerait contre l’État.

Le parti « Nkita » veut encore croire à une sortie de crise. Mais le ton est grave. Presque prophétique. Car comme le dit Lubala :

« Le Congo, c’est nous tous. Et s’il tombe, nous tomberons avec ».

ALBERT TSHIABA

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