
Sous les trombes d’eau, les âmes kinoises s’effondrent. Dans la nuit du 4 au 5 avril 2025, la ville de Kinshasa et ses environs ont été engloutis par des pluies diluviennes, comme si le ciel avait décidé de solder ses colères d’un seul coup. Bilan provisoire : des morts, des blessés, des maisons englouties, des quartiers disloqués. Et ce goût amer d’une tragédie qui se répète.
Face à ce désastre, la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) a tenu à sortir de son silence. Dans un message grave et empreint de compassion, daté du 7 avril, les évêques du pays ont exprimé leur proximité avec les victimes, dénonçant à demi-mot une République prise de court par l’imprévisible.
« Nous assistons avec grande peine aux tristes événements », écrit Mgr Fulgence Muteba, archevêque de Lubumbashi et président de la CENCO, qui parle de pertes humaines et de « dégâts matériels importants ».
Solidaires, mais pas muets. L’Église catholique se dit proche de Son Éminence Fridolin Cardinal Ambongo, archevêque de Kinshasa, et de Mgr Jean-Pierre Kwambamba, évêque de Kisantu, deux pasteurs directement touchés par les inondations. Elle salue les mesures du gouvernement, mais rappelle aussi, sans détour, la nécessité d’une aide humanitaire plus soutenue.
« Nous en appelons à la solidarité de toutes les personnes de bonne volonté », implore la lettre.
Dans la voix des évêques, il y a plus que de la compassion. Il y a un cri. Un appel au sursaut, un geste pour les oubliés des collines effondrées, pour les familles brisées sous les eaux. Que reste-t-il sinon l’intercession de la Vierge Marie, la consolatrice ?
« Que le Seigneur Ressuscité panse les plaies des blessés et redonne courage et espoir à tous ceux qui ont perdu leurs biens », conclue-t-elle.
ANGE ALOKI