
C’est une victoire arrachée à force de plaidoyers et de proximité avec les populations : le poste de péage de Kalume-Kankwadi, tristement célèbre dans le territoire de Demba, au Kasaï-Central, ne fait plus partie du décor.
Situé à une cinquantaine de kilomètres de Kananga, ce point de passage était devenu un symbole de tracasseries pour les petits commerçants et les transporteurs à vélo ou à moto.


La décision de le supprimer a été saluée avec enthousiasme par les habitants de la région. On la doit à l’intervention du député national Thierry Mulumba Mpandanjila, élu de Demba et président de l’Alliance pour une génération citoyenne (AGC). Lors de sa récente descente sur le terrain, l’élu a prêté une oreille attentive aux doléances des usagers, en faisant de cette cause un cheval de bataille au niveau national.
« C’est la liberté retrouvée », témoigne Jean-Paul Kuseki Lufu, conducteur de vélo, rencontré sur le tronçon.
« Avant, on nous extorquait pour chaque cargaison de boissons, d’arachides ou de manioc. Maintenant, on circule sans peur. Il ne reste que le poste de Bukonga. »


Dans ce secteur enclavé de Mwanza Ngoma, groupement de BakuaBeya, les réactions sont unanimes. Le chef du village de Kalume-Kankwadi se dit soulagé par cette mesure. Il s’interroge encore sur la logique de l’ancien dispositif :
« Dans tout le pays, les postes de péage se trouvent à l’entrée et à la sortie des territoires, jamais au milieu. Nous avons dit non. »
Le péage supprimé, les petits producteurs respirent. Le maïs, le manioc, l’huile de palme et autres produits agricoles reprennent le chemin des marchés de Kananga, chef-lieu du Kasaï-Central.
LUKEKA KALUME