
Face à l’insécurité croissante dans le territoire de Mambasa, le gouvernement congolais a annoncé, ce 15 avril, le déploiement d’une assistance humanitaire d’urgence. La ville de Kisangani, principal refuge de ces populations en détresse, peine à absorber ce choc migratoire.
L’étau de l’insécurité se resserre sur le nord-est de la République démocratique du Congo. Réuni en Conseil des ministres le mercredi 15 avril 2026 à la Cité de l’Union africaine, le gouvernement central a validé un plan d’intervention d’urgence pour le territoire de Mambasa (Ituri). Cette décision, portée par la ministre d’État aux Affaires sociales, Ève Bazaiba Masudi, répond à une dégradation brutale des conditions de vie des populations civiles, cibles privilégiées des incursions attribuées aux Forces démocratiques alliées (ADF).
Kisangani, épicentre de la crise humanitaire
Les chiffres officiels témoignent de l’ampleur du désastre. Entre le 6 et le 10 avril 2026, la Division provinciale des actions humanitaires a recensé 4 380 nouveaux déplacés dans la ville de Kisangani. Ce flux ininterrompu exerce une pression inédite sur les infrastructures de la capitale de la Tshopo. Sans abris pérennes, ces familles font face à une insécurité alimentaire aiguë et à un accès quasi inexistant à l’eau potable, exacerbant les risques sanitaires pour les femmes et les enfants, premières victimes de cette errance forcée.
Une réponse gouvernementale sous surveillance
Le chef de l’État, Félix Tshisekedi, a instruit la ministre d’État de présenter un rapport hebdomadaire sur l’évolution de la situation. Au-delà de l’aide matérielle — vivres et kits de première nécessité —, le gouvernement prévoit une « évaluation multisectorielle approfondie » en collaboration avec les partenaires humanitaires. L’objectif est de structurer une réponse coordonnée pour éviter l’asphyxie de la ville d’accueil et garantir une protection minimale aux déplacés.
La menace persistante des ADF
Si le foyer initial des violences se situait dans le Grand Nord-Kivu, l’activisme des ADF s’étend désormais dangereusement vers l’ouest, aux confins de la Tshopo. Malgré les opérations militaires conjointes menées par les FARDC et l’armée ougandaise (UPDF), la zone reste classée en « alerte rouge ». Ce rapprochement des hostilités vers Kisangani inquiète les observateurs, qui redoutent une déstabilisation durable de ce carrefour économique majeur.
ANASTASIE MIMBOLO