
À Kananga, quarante-deux ans après le dernier exercice de 1984, la République démocratique du Congo s’apprête à rompre avec des décennies d’incertitude statistique. Ce jeudi 23 avril, la salle du Capitole de Kananga a accueilli une séance de plaidoyer cruciale, visant à engager les députés provinciaux du Kasaï-Central dans la réussite du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2).
Sous la présidence de Guy Sabangu Kashala, président de l’Assemblée provinciale, cette rencontre a permis aux experts de l’UNFPA, soutenus par le PNUD, d’exposer les enjeux de cette opération d’envergure nationale lancée en 2025. L’objectif est clair : doter le pays de données fiables pour orienter les politiques publiques et corriger les disparités sociales et économiques.

Alain Apadi, représentant de l’UNFPA, a détaillé le calendrier opérationnel devant les élus. Si l’année 2026 est consacrée aux travaux complexes de cartographie, le dénombrement effectif de la population est projeté pour 2027.
« Nous avons besoin de l’accompagnement des élus pour faire avancer ce processus », a-t-il souligné, précisant que le recrutement des agents recenseurs privilégiera une approche locale pour favoriser l’implication de la jeunesse.
Pour les députés du Kasaï-Central, l’enjeu est double : assurer une représentation fidèle de leur base électorale et garantir que les futurs investissements publics soient basés sur des besoins réels. En s’engageant à s’approprier le processus, ils deviennent les relais indispensables de la sensibilisation sur le terrain.
Clôturant la séance, Guy Sabangu Kashala a exhorté ses collègues à transformer ces engagements en actions concrètes.
« Bâtissons une RDC où chaque citoyen compte », a-t-il lancé, rappelant que sans données démographiques précises, tout projet de développement reste une navigation à vue.
Anastasie Mimbolo
