
La ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU), Marie-Thérèse Sombo, a comparu ce mardi devant la chambre haute du Parlement ( sénat ). Elle répondait à une question orale avec débat portant sur la dégradation de la qualité de l’enseignement en République démocratique du Congo. Cette séance plénière, retransmise en direct sur les ondes de la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC), place la tutelle face à ses responsabilités concernant les réformes structurelles du secteur.
Interpellée par un sénateur sur les maux qui rongent les universités congolaises notamment la prolifération d’établissements non viables et l’inadéquation entre formation et emploi la ministre a dû justifier l’efficacité des politiques actuelles. Marie-Thérèse Sombo a défendu sa feuille de route, insistant sur la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle de la qualité et de certification des diplômes. Les échanges ont particulièrement mis l’accent sur le basculement vers le système LMD (Licence-Master-Doctorat), dont l’application sur le terrain reste disparate.
Au-delà des aspects pédagogiques, les membres de la chambre haute ont interrogé la ministre sur les conditions sociales des enseignants et la vétusté des infrastructures. Dans un contexte où la RDC ambitionne de devenir un pôle d’excellence régional, la question du financement de la recherche scientifique a également occupé une place centrale. Pour les sénateurs, la « qualité » ne peut être au rendez-vous sans un assainissement rigoureux du paysage universitaire, marqué par une pléthore d’instituts privés dont la conformité aux normes nationales est régulièrement remise en question.
Cette audition constitue un test politique majeur pour Marie-Thérèse Sombo. Le Sénat, dans son rôle de régulateur des institutions, semble vouloir imposer un calendrier plus strict pour la fermeture des « universités boutiques » et la mise à niveau des grands établissements publics. Les conclusions de ce débat pourraient déboucher sur des recommandations contraignantes, obligeant le ministère de l’ESU à accélérer l’audit de viabilité des établissements sur l’ensemble du territoire national.
Willy Ulengu Samuanda