
La soirée du dimanche 12 avril 2026 a été marquée par une incursion sanglante des Forces démocratiques alliées (ADF) dans la localité de Makumo. Le bilan provisoire fait état de neuf morts et de dégâts matériels importants, illustrant l’incapacité persistante des forces de sécurité à anticiper les mouvements rebelles malgré les alertes répétées.
L’insécurité gagne du terrain en Ituri. Dimanche soir, le village de Makumo, situé sur l’axe stratégique de la Route nationale 44, a été le théâtre d’une attaque d’une rare violence. Selon des sources locales concordantes, les assaillants, venus de la zone de Makele, ont investi le quartier Cepac central, semant la mort et l’incendie sur leur passage.
Le député provincial Gilbert Sivamwenda, élu de la circonscription, déplore une opération menée « sans être inquiétée ». Ce constat d’impuissance est d’autant plus amer que des mouvements suspects avaient été signalés quelques heures auparavant sur l’axe Mantumbi-Makumo. Cette incursion s’inscrit dans une série noire pour la chefferie des Babila-Babombi, déjà meurtrie la semaine dernière par le massacre de plus de vingt civils à Biakato.
Ce lundi matin, Makumo s’est réveillé dans une atmosphère de ville morte. Les activités socio-économiques sont paralysées, tandis que des centaines de familles, ayant passé la nuit à la belle étoile par crainte de nouveaux assauts, entament un déplacement massif vers des zones supposées plus sûres. Entre Beni et Mambasa, les populations civiles semblent désormais prises au piège d’un étau rebelle qui se resserre, malgré l’état de siège en vigueur dans la province.
Willy Ulengu Samuanda