L’Afrique centrale vers un nouveau modèle de protection de la nature impliquant les entreprises privées

Concilier impératifs écologiques et dynamisme économique : tel est le défi lancé à l’issue de la deuxième réunion du Comité d’orientation stratégique du programme « NaturAfrica », qui s’est clôturée ce mardi à Kinshasa. Les experts et décideurs réunis dans la capitale congolaise préconisent désormais un changement de paradigme : sortir du modèle unique des subventions pour intégrer pleinement le secteur privé dans la gestion des paysages transfrontaliers.

Pour l’Union européenne (UE), principal bailleur de l’initiative, la conservation ne doit plus être perçue comme un sanctuaire fermé, mais comme un levier de développement. Steven Peedell, chef d’équipe de la délégation UE/Cameroun, a insisté sur la nécessité d’identifier des opportunités commerciales durables au sein des zones à forte biodiversité. L’objectif est double : attirer des investissements privés tout en garantissant des retombées directes pour les populations riveraines.

Cette approche s’articule avec le « Global Gateway », la stratégie européenne visant à développer des infrastructures durables à travers le monde. En Afrique centrale, cela se traduit par la promotion de l’agriculture durable, des énergies renouvelables et de l’écotourisme.

La gestion des paysages transfrontaliers ces écosystèmes qui chevauchent plusieurs frontières impose une coordination diplomatique fine. Si chaque État reste souverain sur ses ressources, les participants ont souligné l’urgence d’harmoniser les mécanismes de surveillance et de gestion des plaintes. François Dayang, facilitateur et cadre de la Comifac (Commission des Forêts d’Afrique Centrale), a d’ailleurs rappelé que le respect des droits humains et la mise en place de mécanismes de recours indépendants sont désormais des conditions sine qua non à l’éthique de ces missions.

Le programme « NaturAfrica » repose sur trois piliers stratégiques : le suivi écologique rigoureux, le développement de l’économie verte et le renforcement de la gouvernance multisectorielle. Un triptyque censé transformer les « points chauds » de la biodiversité en pôles de stabilité et de prospérité.

 

Willy Ulengu Samuanda

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