
À l’issue de la table ronde nationale sur l’aménagement du territoire clôturée ce mardi 5 mai 2026, le ministre Jean-Lucien Bussa a fixé une échéance impérative aux autorités provinciales. D’ici le 15 juin prochain, chaque province devra soumettre un rapport détaillé sur les conflits fonciers et les besoins en planification, marquant une volonté de rupture avec l’improvisation territoriale.
Cette exigence ministérielle intervient dans un contexte où le désordre foncier et l’absence de coordination infrastructurelle sont identifiés comme des freins majeurs au développement économique de la République démocratique du Congo. Pour le ministère, cette collecte de données n’est pas une simple formalité administrative, mais une étape préalable indispensable à la mise en œuvre de toute politique publique sectorielle.
Le diagnostic posé lors de ces deux jours de travaux est sans appel : les disparités entre les 26 provinces, exacerbées par des conflits d’usage des terres, compromettent la stabilité nationale. Le professeur Henri Limbaka, directeur de cabinet du ministre, a souligné que l’aménagement du territoire ne doit plus être traité comme une variable d’ajustement, mais comme le socle de l’action étatique.
Cette nouvelle doctrine impose désormais que tout projet d’investissement qu’il soit minier, agricole ou industriel soit rigoureusement aligné sur un schéma directeur national, afin de mettre fin aux occupations anarchiques et aux chevauchements de compétences qui alimentent, trop souvent, les litiges devant les cours et tribunaux.
Si l’initiative est saluée par les délégués provinciaux comme une « première » dans la trajectoire institutionnelle du pays, le défi reste celui de l’application. La menace de l’échéance du 15 juin place les gouverneurs provinciaux devant leurs responsabilités. Cette démarche s’inscrit dans une volonté affichée par l’exécutif de sécuriser les investissements privés et de réduire les tensions sociales liées à la terre, un enjeu qui, comme nous l’avons observé avec le dossier FRIVAO, est souvent le terreau de détournements et de dysfonctionnements systémiques.
Willy Ulengu Samuanda