
Dans le cadre de ses obligations constitutionnelles, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a soumis, ce vendredi 8 mai 2026, son rapport annuel au bureau de l’Assemblée nationale. Si l’institution salue l’arsenal législatif congolais, elle alerte sur le fossé persistant entre les textes et la réalité du terrain, particulièrement dans l’Est du pays.
L’exercice est désormais ancré dans le calendrier institutionnel. Paul Nsapu, président de la CNDH, a conduit une délégation de haut niveau au Palais du Peuple pour remettre officiellement le rapport d’activités et l’état des lieux des libertés fondamentales en République démocratique du Congo pour l’exercice 2025. Accompagné de la vice-présidente Joëlle Mbamba et de la commissaire Gisèle Kapinga, le chef de l’institution a insisté sur la nécessité de transformer les avancées législatives en réalités concrètes pour les citoyens.
Le constat de la CNDH est sans équivoque : la RDC ne souffre pas d’un vide juridique. « Du point de vue de la production législative, c’est satisfaisant », a reconnu Paul Nsapu. Cependant, l’application de ces lois reste le principal défi. L’institution pointe notamment l’inefficacité des mécanismes de protection dans les zones de conflit du Nord et du Sud-Kivu, où les violations des droits humains demeurent monnaie courante malgré les cadres légaux existants.
Au-delà de la crise sécuritaire, le rapport 2025 balaie un spectre large, allant des droits civils et politiques à la protection des catégories vulnérables (femmes, enfants, personnes vivant avec handicap). La Commission a également mis l’accent sur le monitoring des conflits de travail, un secteur souvent éclipsé par l’actualité sécuritaire mais crucial pour la stabilité sociale. En recevant ce document, l’Assemblée nationale se voit confier la responsabilité de traduire ces recommandations en actions de contrôle parlementaire.
Willy Ulengu Samuanda