
Le tribunal militaire de garnison de Kikwit a prononcé, ce mardi 12 mai, la peine de mort à l’encontre de deux individus identifiés comme des membres de bandes criminelles. Reconnus coupables de terrorisme et de meurtre, ils avaient poignardé à mort un jeune homme dans la commune de Kazamba deux jours plus tôt.
La sentence est tombée tel un couperet. Musipale Suka Isaac, alias « Semedo », et son complice Zaba, surnommé « Immortel », ont été condamnés à la peine capitale par la juridiction militaire présidée par le major magistrat Bienvenue Mwanansele. Ce verdict, rendu en procédure de flagrance, fait suite à l’agression mortelle de Claude Kazambo, survenue dans la nuit du 9 au 10 mai 2026 au quartier des Anciens Combattants.
Les faits, d’une rare violence, se sont déroulés aux environs de 20h30. Selon les éléments de l’instruction, la victime aurait tenté de s’interposer lors de l’agression d’une jeune femme par les deux condamnés. Malgré le fait que l’un des assaillants connaissait la victime, la situation a basculé : Claude Kazambo a été mortellement poignardé au cou. Interpellés peu après par une patrouille de la Police nationale congolaise (PNC), les suspects ont été immédiatement déférés devant l’auditorat militaire.
En s’appuyant sur les articles 157 et 158 du Code pénal militaire, le ministère public a qualifié ces actes de « terrorisme », une stratégie judiciaire de plus en plus utilisée pour réprimer le phénomène « Kuluna ». Outre la peine de mort, le tribunal a condamné les deux hommes au versement de 30 000 dollars de dommages et intérêts à la famille de la victime. Si la défense a plaidé l’acquittement, arguant une insuffisance de preuves, le tribunal a suivi les réquisitions du parquet pour marquer les esprits.
À Kikwit, où le sentiment d’insécurité grandit, cette décision a été accueillie avec une satisfaction manifeste par les résidents de Kazamba. Toutefois, une crainte persiste : celle de voir les condamnés bénéficier de complicités pour recouvrer la liberté prématurément. Cette condamnation intervient dans un contexte de fermeté accrue ; en avril dernier, un autre chef de bande, surnommé « Ninja », avait écopé de cinq ans de servitude pénale, confirmant la volonté des autorités de reprendre le contrôle des quartiers périphériques de la province du Kwilu.
Passy Kabuya