
Un incendie d’une rare violence a partiellement détruit, ce dimanche 17 mai au matin, le temple de l’église Shekinah Tabernacle, situé dans le quartier Debonhomme (commune de Matete). Alors que les fidèles s’apprêtaient à célébrer le culte dominical, le sinistre a consumé l’édifice pendant près de deux heures, mettant une nouvelle fois en exergue les défaillances chroniques des services d’urgence dans la capitale congolaise.
Il était tôt ce dimanche quand les premières flammes ont léché la toiture de ce lieu de culte emblématique du quartier Debonhomme. En quelques minutes, le brasier s’est propagé à l’ensemble de la structure, dégageant une épaisse colonne de fumée visible depuis le boulevard Lumumba. Malgré l’alerte donnée promptement par les riverains et les membres de la communauté, le feu a dicté sa loi pendant plus de quatre-vingt-dix minutes sans qu’aucun véhicule de lutte anti-incendie ne soit aperçu sur les lieux.
Si aucune perte en vie humaine n’a été signalée dans l’immédiat, les dégâts matériels sont qualifiés de « considérables » par les responsables de l’assemblée. Instruments de musique, mobilier et équipements techniques ont été réduits en cendres. Sous la direction du pasteur Richard Diyoka, cette communauté rattachée au courant du prophète William Branham se retrouve aujourd’hui privée de son sanctuaire. À l’heure où nous mettons sous presse, l’origine du sinistre reste indéterminée, bien que la piste d’un court-circuit soit, comme souvent dans ces zones à forte densité, la plus sérieuse hypothèse de travail.
Ce drame ravive la colère des Kinois face à l’impuissance des sapeurs-pompiers. Le retard d’intervention, déploré par les témoins sur place, souligne l’insuffisance des moyens logistiques de la ville-province de Kinshasa pour couvrir ses 24 communes. Dans une mégapole où l’urbanisation galopante complique l’accès des secours, l’absence de bouches d’incendie fonctionnelles et la vétusté du parc automobile des urgences transforment chaque incident domestique en tragédie patrimoniale ou humaine.
Alors que les fidèles de Shekinah Tabernacle se sont rassemblés sur les décombres pour une prière improvisée, l’enquête devra déterminer les responsabilités. Ce nouvel incendie repose la question de l’assurance des lieux de culte et de la mise aux normes électriques des bâtiments recevant des milliers de citoyens chaque semaine.
Willy Ulengu Samuanda