
Entre aveux de failles systémiques et déploiement massif de matériel, la province de l’Ituri est devenue l’épicentre d’une riposte sanitaire sous haute tension. Alors que sept tonnes d’intrants médicaux viennent d’atterrir à Bunia, le gouvernement tente de stabiliser un front épidémiologique menacé par l’insécurité et la désinformation.
L’urgence logistique et le mea culpa technique
Ce dimanche 17 mai 2026, un vol humanitaire coordonné par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a livré à l’aéroport de Murongo un lot crucial de sept tonnes de matériel médical. Sous la supervision de la Dre Anne Ancia, représentante de l’OMS en RDC, cette cargaison comprenant kits de protection individuelle, tentes et lits d’hospitalisation vise à équiper les zones de santé de Rwampara et Bunia, où des décès suspects ont été notifiés.
Pourtant, cette réactivité logistique cache une fêlure structurelle. Le Dr Jean-Jacques Muyembe, figure historique de la lutte contre Ebola, a reconnu avec une franchise rare que le système de surveillance « n’a pas fonctionné ». Un constat qui fragilise la position du ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, lequel s’emploie pourtant à rejeter toute accusation de négligence en mettant en avant l’expertise congolaise dans la gestion des zones de conflit.
Willy Ulengu Samuanda