Équateur | Le Guichet unique du permis de construire s’installe pour discipliner le secteur Industrie Sous l’œil du gouverneur Bobo Boloko Bolumbu

Face à l’anarchie immobilière qui guette Mbandaka, le déploiement provincial du Guichet unique de délivrance du permis de construire (GUPEC) marque un tournant. Sous l’œil du gouverneur Bobo Boloko Bolumbu, la structure entend assainir les investissements et maximiser les recettes publiques.

L’urbanisation de la province de l’Équateur cherche sa boussole légale. Ce jeudi 21 mai 2026, le chef-lieu Mbandaka a accueilli l’installation officielle du nouveau directeur provincial du Guichet unique de délivrance du permis de construire (GUPEC). Présidée par le gouverneur Bobo Boloko Bolumbu, en présence d’une haute délégation de l’administration centrale et du ministère de l’Urbanisme et Habitat, cette cérémonie marque l’aboutissement d’un long processus de déconcentration des services techniques de l’État. Pour cette province en pleine mutation, l’enjeu dépasse la simple formalité administrative : il s’agit de formaliser un secteur immobilier local souvent caractérisé par l’auto-construction anarchique et l’évasion fiscale.

La mise en place de cette antenne provinciale répond à une urgence de régulation que les autorités locales ne pouvaient plus ignorer. Après la lecture de la décision d’installation par le directeur juridique, Papy Mumpela, et la signature des procès-verbaux de transfert de compétences, le gouverneur a rappelé la responsabilité qui pèse désormais sur les épaules de la nouvelle équipe.

« Cette installation du GUPEC et de son directeur provincial permettra d’assurer l’encadrement du secteur, de lutter contre le désordre foncier et de sécuriser les investissements immobiliers », a martelé Bobo Boloko Bolumbu, liant cette réforme aux exigences du nouveau code de l’urbanisme et de la construction.

Pour les investisseurs et les notables locaux, l’arrivée du GUPEC est perçue comme un couteau à double tranchant. Si elle promet de sécuriser les titres de propriété et d’éviter les effondrements de bâtiments grâce à un contrôle technique rigoureux, elle impose également une discipline fiscale inédite dans une province habituée à l’informel. Accompagnée par la présidente du conseil d’administration de la structure, Madame Mukawa Ninga Nano, la délégation nationale a tenu à rassurer les opérateurs économiques sur les ambitions réelles du guichet unique.

« La délégation est venue présenter une opportunité concrète de moderniser la cité, une démarche qui se marie parfaitement avec la vision globale du chef de l’État », a-t-elle argué lors de son allocution.

 

Ce déploiement à Mbandaka n’est pas un fait isolé, mais la suite logique d’une réforme nationale amorcée en mai 2022 par décret primaturiel sous le premier quinquennat de Félix Tshisekedi. Avant l’instauration du GUPEC, la délivrance des permis de bâtir en RDC souffrait d’une lourdeur bureaucratique extrême et d’un chevauchement conflictuel entre les services de l’Urbanisme et ceux des Affaires foncières. L’expérience pilote menée à Kinshasa entre 2023 et 2025 avait démontré que la centralisation des signatures permettait de réduire de moitié le délai d’obtention des documents officiels, tout en renflouant les caisses du Trésor public.

L’avenir du GUPEC à l’Équateur dépendra désormais de l’indépendance réelle de son directeur provincial face aux pressions des réseaux politiques et fonciers locaux. Si la structure parvient à imposer sa loi à Mbandaka, elle offrira des perspectives d’avenir claires pour la modernisation des infrastructures provinciales.

Toutefois, la société civile locale reste vigilante. Elle craint que ce guichet unique ne devienne une taxe administrative supplémentaire pour les ménages les plus modestes si des mesures d’allègement ne sont pas prévues pour l’habitat social. À l’Équateur, le secteur de la construction a désormais un arbitre officiel ; à Sasa Studio, nous surveillerons si les briques de cette réforme serviront à bâtir une province moderne ou à nourrir de nouveaux circuits de corruption.

 

Willy Ulengu Samuanda

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