
Le directeur général de la Régie d’assainissement de Kinshasa (Raskin), Hugues Luwawa, devra prochainement répondre aux questions des députés provinciaux sur la gestion de son établissement et les résultats de la politique d’assainissement dans la capitale congolaise. Une initiative qui s’inscrit dans le cadre du contrôle parlementaire exercé par l’Assemblée provinciale de Kinshasa.
L’Assemblée provinciale de Kinshasa a franchi une nouvelle étape dans l’exercice de sa mission de contrôle. Réunis en séance plénière le mercredi 3 juin 2026, les députés provinciaux ont adopté une motion d’interpellation visant le directeur général de la Régie d’assainissement de Kinshasa (Raskin), Hugues Luwawa. La démarche a été portée par le député provincial de Ngaliema, Nicolas Wemakoy.
« Chaque gestionnaire public doit rendre compte de sa gestion », a rappelé l’élu, justifiant la nécessité d’entendre le responsable de l’établissement chargé de l’assainissement de la capitale.
Selon Nicolas Wemakoy, cette initiative relève du fonctionnement normal des institutions démocratiques. Il a souligné que le contrôle parlementaire ne concerne pas uniquement le gouverneur de la ville ou les membres du gouvernement provincial, mais également les dirigeants des entreprises publiques placées sous la responsabilité de la province.

« Notre contrôle ne s’arrête pas au gouverneur et à ses ministres. Les responsables des entreprises publiques doivent aussi répondre des actes posés dans le cadre de leur gestion », a-t-il déclaré devant la presse à l’issue de la plénière.
Au cœur de cette interpellation figurent notamment les questions liées à l’utilisation des ressources financières, des équipements et de la logistique mis à la disposition de la Raskin pour assurer l’assainissement de Kinshasa.
Pour le député provincial, l’objectif n’est pas de personnaliser le débat mais de permettre à la représentation provinciale d’évaluer l’efficacité des actions menées sur le terrain.
« Si des ressources ont été mobilisées pour améliorer le cadre de vie des Kinois, il est légitime que les élus vérifient comment elles ont été utilisées et quels résultats ont été obtenus », estime-t-il.
Cette démarche intervient dans un contexte où les défis liés à la salubrité urbaine continuent d’alimenter les préoccupations des habitants de la capitale, confrontés à l’accumulation des déchets, à l’insuffisance des infrastructures d’évacuation et aux conséquences sanitaires qui en découlent.
Le général Kasongo présenté comme un renfort et non un substitut
Interrogé sur la récente implication du général Kasongo dans les questions de gouvernance urbaine à Kinshasa, Nicolas Wemakoy a rejeté toute idée de concurrence entre les nouvelles initiatives présidentielles et les structures existantes.
« Le général Kasongo vient renforcer les efforts déjà engagés. Il ne remplace ni les institutions ni les services techniques existants », a-t-il affirmé.
L’élu considère que la décision du Chef de l’État traduit la volonté d’apporter des réponses supplémentaires aux insuffisances constatées dans la gestion de l’environnement urbain et de renforcer l’efficacité de l’action publique.
Selon lui, les différents acteurs appelés à intervenir dans la gestion de la ville doivent travailler dans une logique de complémentarité plutôt que de rivalité.
« L’assainissement de Kinshasa exige une coordination entre toutes les structures concernées. Aucun acteur ne peut réussir seul », a-t-il insisté.
Au-delà des débats institutionnels, les élus provinciaux affirment vouloir recentrer les discussions sur les attentes des habitants. Pour Nicolas Wemakoy, la priorité demeure l’amélioration durable du cadre de vie dans la capitale.
« Ce qui compte au final, c’est que Kinshasa devienne une ville propre, attractive et saine pour ses habitants », a-t-il conclu.
L’audition prochaine du directeur général de la Raskin devrait ainsi permettre aux députés provinciaux d’obtenir des éclaircissements sur la stratégie de l’établissement, les moyens mobilisés et les perspectives envisagées pour relever les nombreux défis liés à l’assainissement urbain.
Cette interpellation intervient alors que les questions de salubrité publique occupent régulièrement les débats au sein des institutions de Kinshasa. Au cours des dernières années, plusieurs campagnes d’assainissement ont été lancées par les autorités provinciales et nationales afin de lutter contre l’insalubrité chronique qui affecte plusieurs communes de la capitale.
Malgré ces initiatives, de nombreux observateurs continuent de relever des difficultés structurelles liées au financement, à la gestion des déchets, à l’urbanisation rapide et au manque d’équipements adaptés. Les échanges attendus entre la Raskin et les députés provinciaux pourraient ainsi servir de cadre pour identifier les obstacles persistants et envisager des solutions plus efficaces.
À terme, les habitants attendent surtout des résultats visibles sur le terrain. Car au-delà des débats politiques et institutionnels, la véritable mesure du succès restera la capacité des autorités à transformer durablement l’environnement urbain de Kinshasa et à offrir aux citoyens un cadre de vie plus sain et plus digne.
Willy Ulengu Samuanda