Anny Modi honorée au Sénat français pour son combat acharné contre l’impunité des violences sexuelles en RDC

La République démocratique du Congo voit une nouvelle fois l’une de ses figures de proue récompensée sur la scène internationale pour son courage face à l’horreur. Anny Modi, coordinatrice de l’ONG Afia Mama, a reçu ce lundi 8 juin 2026 la médaille du Sénat français à Paris, une distinction qui vient saluer plus d’une décennie de lutte contre les violences sexuelles utilisées comme armes de guerre et l’impunité qui en découle.

« Cette médaille est avant tout le symbole d’un combat collectif mené aux côtés de celles qui ont décidé de ne plus se taire », a déclaré la lauréate lors d’une cérémonie empreinte de solennité et d’émotion sous les dorures du palais du Luxembourg.

Cette reconnaissance diplomatique et parlementaire souligne l’importance du plaidoyer constant de la militante pour l’accès à la justice des survivantes dans les zones de conflit. En présence des membres du groupe d’amitié parlementaire, les autorités françaises ont tenu à marquer leur soutien à une action qui dépasse les simples frontières de l’assistance humanitaire pour toucher au cœur du droit régalien. Comme l’a souligné Anny Modi avec une fermeté saluée par l’assistance,

« l’accès à la justice est un droit fondamental qui doit être garanti à toutes les victimes, peu importe l’uniforme ou l’appartenance de celui qui a tenu l’arme ».

Le parcours de la coordinatrice d’Afia Mama ne se limite pas à la dénonciation, mais s’étend à la transformation profonde de la résilience en leadership féminin. La sénatrice Laurence Cohen, marraine de cette distinction, a rendu un hommage vibrant à celle qui permet aux femmes marginalisées de redevenir des actrices de la reconstruction communautaire.

« Anny Modi ne se contente pas de panser les plaies, elle forge des leaders capables de réclamer leur place dans la société congolaise de demain », a affirmé l’élue française, rappelant que l’autonomisation est le rempart le plus solide contre la répétition des cycles de violence.

Ce prix intervient dans un contexte où la question de la justice transitionnelle en RDC reste un chantier majeur, faisant écho aux recommandations du Rapport Mapping des Nations Unies souvent citées par la militante. Par le passé, Anny Modi avait déjà interpellé les instances internationales sur la nécessité de réformes structurelles pour protéger les défenseures des droits humains en Afrique centrale.

« Mon combat contre l’impunité concerne tous les bourreaux, qu’ils soient issus de groupes armés ou de forces régulières », a-t-elle martelé, positionnant ainsi son action dans une neutralité éthique rigoureuse qui fait sa crédibilité.

L’avenir de ce combat semble désormais se jouer sur le terrain de la pérennisation des acquis et de l’implication accrue de la jeunesse dans la gouvernance sécuritaire. Les perspectives d’Afia Mama s’orientent vers un renforcement des cliniques juridiques mobiles et une pression accrue pour l’application effective des lois sur les réparations en faveur des victimes de violences sexuelles. En recevant cette médaille, Anny Modi ne clôt pas un chapitre, mais ouvre une nouvelle tribune internationale pour exiger que la dignité des femmes congolaises ne soit plus jamais une variable d’ajustement politique.

Willy Ulengu Samuanda

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