
Les délégations de la République démocratique du Congo, de la République centrafricaine et du HCR se sont réunies à Kinshasa ce mardi 9 juin 2026 pour lever les obstacles au rapatriement de milliers de familles. L’enjeu est de taille : définir un calendrier de retour sécurisé pour plus de 200 000 Centrafricains installés principalement dans le Nord et le Sud-Ubangi.
« Notre priorité est de transformer l’espoir de retour en une réalité concrète et sécurisée », a martelé un représentant du HCR lors de l’ouverture des travaux.
Cette commission tripartite, qui siège jusqu’au 11 juin, doit impérativement corriger les erreurs du passé, notamment après la suspension des opérations demandée par Bangui en avril dernier. Le manque de financements et l’instabilité de certains sites d’accueil avaient freiné un élan amorcé en 2019, année où 40 000 personnes avaient pu regagner leur foyer. Comme l’a souligné Éric Mukandila, secrétaire permanent de la commission congolaise pour les réfugiés, « un examen approfondi est indispensable pour garantir un retour qui respecte la dignité humaine ».
La situation devient urgente, car la pression migratoire ne faiblit pas, avec l’arrivée récente de 65 000 nouveaux demandeurs d’asile dans le Bas-Uele. Face à ce défi, la partie centrafricaine affiche une volonté de rupture avec l’immobilisme.
« Nous ne sommes pas ici pour constater un arrêt, mais pour coécrire le protocole d’une relance immédiate et durable », a déclaré le chef de la délégation de la RCA.
Cette volonté politique doit maintenant se traduire par des missions conjointes sur le terrain pour fiabiliser les statistiques.
Au-delà du cas centrafricain, Kinshasa a profité de ces assises pour rappeler le sort des réfugiés congolais vivant en RCA, plaidant pour une réciprocité dans les efforts de sensibilisation au retour. Les observateurs attendent désormais la clôture du 11 juin pour découvrir le plan d’action final. À l’avenir, le succès de cette opération dépendra de la capacité des deux États à stabiliser les zones frontalières, une condition sine qua non pour que ces milliers de déplacés ne soient plus les éternels oubliés des crises régionales.
Anastasie Mimbolo