
La République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape dans sa stratégie d’ouverture économique. L’Assemblée nationale a définitivement adopté, le 8 juillet 2026, les projets de loi autorisant la ratification du nouvel Accord international sur le cacao (AIC) ainsi que de l’Accord de partenariat économique global (APEG) conclu avec les Émirats arabes unis.
Déjà approuvés par le Sénat, ces textes attendent désormais leur promulgation par le président de la République, Félix Tshisekedi, avant leur entrée en vigueur.
« Ces accords traduisent la volonté de la RDC de mieux valoriser ses richesses sur les marchés internationaux », résume l’enjeu de cette décision.
Signé le 2 juillet 2026 à Abidjan, le nouvel Accord international sur le cacao permettra à la RDC de prendre une place plus active dans la gouvernance mondiale de cette filière stratégique. Le pays pourra participer aux discussions sur l’évolution du marché, accéder à des données techniques et économiques, renforcer l’accompagnement des producteurs et encourager la transformation locale du cacao.
« Produire ne suffit plus, il faut désormais transformer pour créer davantage de valeur », souligne cette orientation défendue par le Gouvernement.
Pour les cultivateurs congolais, les retombées attendues sont importantes. L’accord ouvre la voie à un meilleur encadrement technique, à la modernisation des plantations, à un accès plus large aux informations sur les marchés internationaux ainsi qu’à une amélioration progressive des revenus grâce à une meilleure organisation de la filière. Le développement d’unités locales de transformation pourrait également réduire les exportations de fèves brutes au profit de produits à plus forte valeur ajoutée.
« Une filière mieux organisée profite d’abord aux producteurs », rappellent plusieurs spécialistes du secteur.
Le second texte concerne l’Accord de partenariat économique global signé le 2 février 2026 à Abou Dhabi avec les Émirats arabes unis. Selon le Gouvernement, cet accord prévoit notamment l’exemption des droits de douane pour près de 6 000 produits « Made in DRC » destinés au marché émirati. Il vise aussi à stimuler les investissements, faciliter le transfert de technologies, renforcer la coopération douanière et améliorer les capacités nationales dans plusieurs secteurs économiques.
« L’ouverture des marchés constitue un levier de croissance pour les entreprises congolaises », soutient l’Exécutif.
Parmi les produits susceptibles de bénéficier de cet accès préférentiel figurent plusieurs productions agricoles, notamment le cacao, le café, le thé et certains fruits tropicaux. Les produits miniers transformés ou semi-transformés, les bois ouvrés ainsi que des articles issus de l’artisanat et de l’industrie locale pourraient également gagner en compétitivité sur le marché des Émirats arabes unis. Cette orientation s’inscrit dans la politique de diversification des exportations et de promotion de la transformation locale engagée par les autorités congolaises.
Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a salué l’adoption de ces deux textes par les députés nationaux. Selon lui, ils constituent des instruments stratégiques destinés à renforcer progressivement la souveraineté économique de la RDC, à accroître la valeur ajoutée des produits nationaux et à améliorer leur compétitivité sur les marchés internationaux.
« La souveraineté économique se construit aussi par des partenariats équilibrés », a-t-il déclaré devant les élus.
Les informations relatives à ces deux accords concordent avec les communications officielles des institutions congolaises et les dispositions connues des textes adoptés par le Parlement. Leur application effective dépendra toutefois de leur promulgation présidentielle puis de la mise en œuvre concrète des engagements, notamment l’accompagnement des producteurs, l’amélioration du climat des affaires et la capacité des entreprises congolaises à répondre aux exigences des marchés internationaux.
Cette adoption s’inscrit dans la continuité des réformes économiques engagées par la RDC pour diversifier ses partenaires commerciaux et réduire la dépendance aux exportations de matières premières brutes. Les prochains mois seront déterminants pour transformer ces engagements juridiques en résultats concrets sur le terrain, avec l’ambition de créer davantage d’emplois, d’attirer des investissements et d’améliorer durablement les revenus des producteurs et des entreprises congolaises.
Divine Atante