
Le village de Bambe, situé à la lisière des territoires de Kiri et d’Inongo dans la province du Maï-Ndombe, est devenu le théâtre d’une tragédie humaine insoutenable. Une dispute frontalière opposant deux communautés, qui revendiquent chacune la souveraineté administrative de cette localité, a causé la mort d’au moins trois personnes et provoqué plusieurs disparitions inquiétantes au cours de la dernière semaine.
« La violence ne résoudra jamais la question de nos limites administratives, elle ne fait qu’ajouter le deuil au malheur », a déploré un notable local, témoin impuissant de cette dégradation sécuritaire brutale qui force des familles entières à trouver refuge dans les forêts environnantes.
Face à cette escalade, les autorités locales ont réagi en urgence en dépêchant des unités de police pour sécuriser la zone et tenter de stopper les hostilités. L’administrateur du territoire de Kiri, Bony Izombo, tente désespérément de ramener la concorde entre les deux camps qui se disputent le contrôle du village de Bambe.
« Nous avons envoyé des policiers sur le terrain pour protéger les populations civiles et éviter que la situation ne s’embrase davantage », a précisé l’administrateur, conscient de la extrême fragilité de la situation actuelle.
Le gouvernement provincial du Maï-Ndombe a, de son côté, musclé son dispositif sécuritaire pour prévenir tout embrasement supplémentaire et restaurer l’autorité de l’État. Une mission mixte, composée des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC), patrouille désormais la zone pour stabiliser les villages frontaliers. « L’État doit impérativement reprendre le contrôle immédiat du terrain pour éviter une escalade que personne ne pourra plus arrêter », a martelé un responsable provincial, soulignant l’urgence de sanctuariser cet espace de vie pour les habitants terrifiés.
Cette flambée de violence s’inscrit dans un contexte récurrent de litiges fonciers et administratifs qui fragilisent régulièrement la stabilité du Grand Bandundu et des provinces limitrophes. Le souvenir des conflits récents dans la région, souvent attisés par des tracés administratifs flous ou contestés, démontre l’urgence absolue d’une médiation nationale durable. « Il est temps de mettre fin définitivement à ces querelles de limites qui brisent le tissu social de nos communautés », a rappelé un expert en résolution de conflits, soulignant la récurrence alarmante de tels drames qui endeuillent inutilement le pays.
L’avenir de cette zone dépend désormais d’un arbitrage technique et politique ferme du ministère de l’Intérieur pour trancher sans équivoque l’appartenance administrative du village de Bambe. Sans une délimitation claire et acceptée par toutes les parties, les risques de résurgence de ces tensions resteront élevés, hypothéquant la paix sociale dans le Maï-Ndombe. « Seule une commission d’enquête impartiale, suivie d’une décision administrative définitive, pourra apporter une solution pérenne à ce différend douloureux », conclut un représentant de la société civile, appelant les leaders communautaires à privilégier le dialogue au-delà des divisions frontalières.
Willy Ulengu Samuanda