
Goma ne désemplit pas. Le choc est total.
Miguel Masaïsaï, 23 ans, le cycliste de la paix, est mort. Pas sur son vélo. Dans un accident de taxi au Congo-Brazzaville, alors qu’il traversait l’Afrique pour un rêve : « Pédaler pour la paix » jusqu’à Rabat.
« C’est trop triste. On vient de perdre un frère très engagé », lâche Gulain Aloma, son ami, les yeux rougis.
À Goma, au domicile familial, les trophées s’empilent. Kenya, Éthiopie. Natation, course à pied, cyclisme. Miguel n’était pas un débutant.
« Il n’a pas commencé aujourd’hui », rappelle son frère Félix Masaïsaï.
Sa coéquipière Deborah Okito est effondrée : « Il m’a tout appris. En natation, en cyclisme. Ça me fait tellement mal. »

Le drame
Selon la diaspora congolaise à Brazzaville, son vélo tombe en panne. Il monte dans un taxi. Le taxi se crashe. Fin du périple. Fin d’une vie.
Le Ministère des Sports parle de « profonde douleur ».
Mais la famille refuse que tout s’arrête. Sa sœur Ornella lance un appel : que les autorités poursuivent le combat pour la paix dans l’Est, ce combat pour lequel Miguel roulait.
Il voulait porter l’espoir de l’Est de la RDC à travers l’Afrique. Son vélo s’est arrêté à Brazzaville. Son message, lui, doit arriver jusqu’au Maroc.
Freddy Millions Mbwebwe