Nord-Kivu | Plus de 33 000 patients pris en charge pour malnutrition en huit mois, MSF alerte

Médecins Sans Frontières (MSF) alerte sur l’aggravation de la malnutrition au Nord-Kivu. Entre janvier et août 2026, plus de 33 000 patients ont été pris en charge dans la province, dans un contexte marqué par les combats, les déplacements de population et la baisse des financements humanitaires.

Le chiffre traduit une pression croissante sur les structures de santé.

En 2025, environ 53 000 enfants avaient été pris en charge pour malnutrition dans les structures soutenues par MSF à travers l’ensemble de la RDC. Sur les huit premiers mois de 2026, plus de 33 000 patients ont déjà été soignés dans le seul Nord-Kivu.

À Walikale, la situation est particulièrement préoccupante.

Une analyse menée en novembre 2025 par le Programme alimentaire mondial et l’UNICEF avait relevé un taux de malnutrition aiguë globale de 46 % dans la zone. MSF y soutient notamment l’Hôpital général de référence ainsi que cinq structures de prise en charge ambulatoire pour les enfants.

Derrière ces chiffres, l’organisation humanitaire pointe surtout les effets du conflit.

Les affrontements entre les forces congolaises, l’AFC/M23 et leurs alliés continuent de provoquer des déplacements de population. En quittant leurs villages, de nombreuses familles perdent à la fois leurs terres agricoles, leurs revenus, l’accès à la nourriture, à l’eau potable et aux soins de santé. L’insécurité sur plusieurs axes perturbe également l’approvisionnement des marchés et contribue à la hausse des prix.

MSF cite notamment le parcours de Thérèse, 20 ans, déplacée de Mpofi vers Musonge avec ses enfants après la mort de son mari fin 2025. Sa fille, Biella, souffrant de malnutrition aiguë sévère, a été hospitalisée à Walikale. Son cas illustre les conditions dans lesquelles vivent de nombreuses familles contraintes de se déplacer ou de se cacher dans des zones forestières.

La crise est aussi aggravée par la réduction de l’aide internationale.

MSF souligne que les programmes de sécurité alimentaire et de santé disposent de moyens insuffisants face à l’ampleur des besoins. L’organisation prévient qu’elle ne peut, à elle seule, assurer l’ensemble de la réponse humanitaire et appelle à un financement plus durable.

Le Nord-Kivu reste par ailleurs l’un des principaux foyers de déplacement interne du pays. En juillet 2026, l’Organisation internationale pour les migrations estimait à environ 1,17 million le nombre de personnes déplacées internes dans la province.

Au-delà de l’urgence médicale, la progression de la malnutrition met ainsi en lumière un autre effet du conflit : l’affaiblissement durable des moyens de subsistance des populations, alors que l’accès humanitaire et les financements restent insuffisants.

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