Goma | Face aux terroristes du FRN, le chef de la MONUSCO insiste sur la voie pacifique et le cessez-le-feu

Le chef de la MONUSCO, James Swan, a rencontré mardi 3 novembre à Goma Joseph Kabila, à la tête du mouvement terroriste Front pour la refondation de la nation (FRN). Au cœur de cette rencontre : un message porté par les Nations unies en faveur du cessez-le-feu, de la protection des civils et d’une résolution pacifique du conflit, face à un mouvement qui continue de défendre ses positions politiques et militaires.

Arrivé la veille dans la ville de Goma, dans le cadre de consultations régulières dans l’Est de la RDC, James Swan était accompagné notamment du général de brigade Givenz Kishombe Sichali, du conseiller principal Walter Lotze et de Marilyn Ngum Fru. Joseph Kabila était entouré de Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa, Moïse Nyarugabo ainsi que de responsables militaires du FRN.

Du côté de la MONUSCO, les échanges ont été présentés dans la continuité des contacts déjà entretenus avec l’AFC/M23. Protection des civils, accès humanitaire, respect du cessez-le-feu et appui au Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus (MCVE+) ont notamment figuré parmi les sujets évoqués.

Derrière ces consultations, le message onusien reste orienté vers une sortie pacifique de la crise : les différends doivent être traités dans le cadre des mécanismes de paix et non par la poursuite des armes.

Le mouvement terroriste FRN a toutefois livré une lecture plus politique de la rencontre. À l’issue des échanges, son vice-président Bertrand Bisimwa a affirmé que le mouvement reprenait les engagements précédemment souscrits par l’AFC/M23 dans le processus de Doha. Il a surtout lié la poursuite de ce processus au maintien de l’actuelle Constitution congolaise.

« Tout le processus de paix de Doha va tout simplement s’effondrer » si la Constitution venait à être changée, a déclaré Bertrand Bisimwa, qui a demandé aux Nations unies d’interpeller Kinshasa sur cette question.

Une déclaration qui contraste avec la priorité affichée par la MONUSCO : maintenir le cessez-le-feu et privilégier une issue négociée à la crise sécuritaire.

Autre point de divergence : l’avenir de la mission onusienne. Le mouvement terroriste s’est opposé au renouvellement de son mandat et souhaite la poursuite de son retrait de la RDC. Bertrand Bisimwa a qualifié son bilan d’« échec total », tout en distinguant cette position du rôle logistique que la MONUSCO pourrait continuer à jouer dans les mécanismes de vérification du cessez-le-feu.

À Goma, la rencontre entre James Swan, Joseph Kabila et les responsables du FRN aura ainsi mis face à face deux orientations : d’un côté, l’ONU insiste sur le cessez-le-feu, la protection des populations et une résolution pacifique ; de l’autre, le FRN tente de placer la Constitution et l’avenir de la MONUSCO au centre de ses revendications.

Dans un conflit où les armes continuent de peser lourdement sur les populations civiles, le message porté par la mission onusienne demeure clair : la sortie de crise passe par les mécanismes de paix et la désescalade, non par une nouvelle logique d’affrontement.

FREDDY MILLIONS MBWEBWE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.