RDC–Royaume-Uni | À Londres, la RDC veut convertir l’intérêt britannique en investissements concrets

Trois jours d’échanges, plus de 80 dirigeants d’entreprises britanniques mobilisés et une Déclaration de Londres signée à la clôture : la RDC veut désormais transformer l’intérêt affiché par les investisseurs britanniques en projets bancables et en joint-ventures avec les entreprises congolaises.

Clôturé mercredi 4 novembre dans la capitale britannique, le Forum économique Royaume-Uni–RDC a réuni responsables gouvernementaux, secteur privé congolais et opérateurs économiques britanniques autour des mines, de l’énergie, de l’agro-industrie, des infrastructures, des transports, des nouvelles technologies et du tourisme.

Pour le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, la délégation congolaise repart de Londres avec une « belle moisson ». Selon lui, plusieurs investisseurs britanniques souhaitent désormais se rendre en RDC afin d’évaluer directement les opportunités présentées durant le forum et envisager des partenariats avec les entreprises locales.

Le gouvernement a surtout cherché à imposer une nouvelle lecture de sa relation économique avec Londres : celle d’un partenariat fondé sur l’investissement, la transformation locale et l’accès aux marchés plutôt que sur l’assistance. Julien Paluku a notamment défendu trois priorités : les investissements directs, la transformation en RDC des produits agricoles et miniers et un accès plus fluide aux marchés.

La délégation congolaise a également demandé au gouvernement britannique de mobiliser des instruments comme British International Investment et UK Export Finance pour accompagner les entreprises intéressées par l’agro-industrie, l’énergie verte et la transformation locale des ressources congolaises.

Autre enjeu : faciliter les échanges entre les deux pays. Kinshasa a plaidé à Londres pour des facilités de visas d’affaires ainsi que pour l’ouverture d’une liaison aérienne directe entre Kinshasa et Londres, notamment pour le transport des marchandises.

De son côté, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, voit dans ce forum un outil de consolidation du « soft power » congolais. Il a notamment invité les investisseurs britanniques à s’intéresser aux projets structurants liés aux corridors de Lobito et de Banana.

La signature de la Déclaration de Londres marque ainsi la fin de la séquence diplomatique et le début d’une phase plus exigeante : celle de la concrétisation. Le document formule des engagements et recommandations à destination des secteurs privés et des deux gouvernements, même si les détails des projets, les entreprises concernées et leur calendrier de mise en œuvre n’ont pas encore été entièrement rendus publics.

Pour Kinshasa, l’enjeu est désormais de faire de Londres autre chose qu’une vitrine des potentialités congolaises : transformer les contacts noués pendant ces trois jours en capitaux, en industries et en partenariats effectivement implantés en RDC.

DIVINE ATANTE

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