
La République démocratique du Congo veut faire de la continuité scolaire en période de conflit une priorité de son système éducatif. À Genève, la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a présenté jeudi 5 novembre les besoins et priorités de la RDC devant la conférence de haut niveau d’Education Cannot Wait (ECW) consacrée à la mobilisation de financements pour l’éducation en situation d’urgence.
Intervenant lors du premier panel, Raïssa Malu a particulièrement insisté sur les enfants vivant dans les zones touchées par les conflits, notamment dans l’Est de la RDC. L’objectif affiché est de permettre aux élèves de poursuivre leur parcours malgré les déplacements de populations, l’insécurité et les autres crises qui fragilisent durablement l’accès à l’école.
Cette politique s’appuie sur la Stratégie de l’Éducation et de la Formation en Situation d’Urgence 2025-2029 (SEFSU), mise en œuvre dans le cadre du Plan quinquennal 2024-2029 du ministère. Son investissement global est évalué à 824,20 millions USD, dont 326,72 millions USD programmés pour la période 2027-2029. Près de 249 millions USD concernent directement la continuité éducative, l’accès à l’école et la protection des enfants, selon les données présentées à Genève.
Pour Kinshasa, l’enjeu dépasse le maintien des élèves dans les salles de classe. Raïssa Malu a défendu l’éducation comme un investissement dans la stabilité à long terme, capable de réduire les conséquences des conflits sur les nouvelles générations et de renforcer la résilience des communautés affectées.
La conférence de Genève a parallèlement permis de mobiliser 541,6 millions USD en faveur de la campagne « Hope Starts Here » d’Education Cannot Wait. Ce montant comprend 405,8 millions USD de nouveaux engagements annoncés lors de la rencontre et 135,8 millions déjà sécurisés, soit environ 90 % de l’objectif global de 600 millions USD.
Ces ressources doivent soutenir le plan stratégique 2027-2030 d’ECW, qui ambitionne d’atteindre environ 10 millions d’enfants affectés par les crises, dont la moitié de filles et un million d’enfants vivant avec un handicap.
Pour la RDC, où les conflits et les déplacements continuent de perturber la scolarité dans plusieurs provinces, le défi est désormais de traduire la stratégie nationale et les engagements internationaux en financements suffisamment rapides et durables pour maintenir les enfants à l’école, même lorsque la crise s’installe.
DIVINE ATANTE