Est de la RDC | Le Président Félix Tshisekedi dénonce une guerre « injuste » et « barbare » lors de son entretien avec Denis Sassou Nguesso

Ce samedi 24 janvier 2026, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, a effectué une visite à Oyo, en République du Congo, où il a été chaleureusement accueilli par son homologue, Denis Sassou Nguesso. Cette rencontre a été l’occasion pour les deux chefs d’État d’échanger sur le renforcement de la coopération bilatérale et d’affirmer l’importance de maintenir de bonnes relations entre leurs pays respectifs.

Dans le cadre de ces discussions, une attention particulière a été portée à la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs, où les défis demeurent nombreux. Félix Tshisekedi a souligné que, malgré l’existence des processus de paix initiés à Washington et à Doha, certaines parties continuent de ne pas respecter leurs engagements.

« C’est un aîné de la région, un Chef d’État influent. Il était donc normal de le tenir informé des développements en République Démocratique du Congo. À l’Est, nous faisons face à une guerre injuste et barbare qui nous est imposée. Bien que des processus de paix aient été engagés, ils ne sont pas respectés par certains acteurs », a déclaré Félix Tshisekedi lors d’une conférence de presse à l’issue de leur entretien.

Cette déclaration intervient dans un contexte délicat, marqué par l’implication du président américain Donald Trump et une apparente accélération du processus de Washington. Malgré les accords signés entre Félix Tshisekedi et son homologue rwandais, Paul Kagame, la situation sur le terrain reste préoccupante. Les deux pays peinent à harmoniser leurs positions, et des tensions persistent, alimentées par des accusations mutuelles de non-respect des engagements diplomatiques.

De surcroît, les discussions menées à Doha, sous l’égide de l’Émir du Qatar, entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, n’ont pas encore produit les résultats escomptés. Bien que ces négociations soient censées aborder les causes profondes du conflit, telles que la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés, elles stagnent. Plusieurs mesures convenues, notamment celles issues du communiqué conjoint d’avril dernier, restent à mettre en œuvre.

Cette situation d’inertie diplomatique, a facilité la poursuite des affrontements violents entre l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, et les forces gouvernementales. Parallèlement, le dialogue national, largement réclamé par divers acteurs sociopolitiques, tarde à être convoqué. Après avoir annoncé son retrait en mars 2025 du rôle de médiateur dans la crise congolaise, l’Angola commence à revenir discrètement dans le dossier, relançant des consultations élargies avec les différentes parties prenantes.

En dehors de l’Angola, le Togo a également joué un rôle actif en organisant, le 17 janvier 2026, une réunion de haut niveau visant à renforcer la cohérence et la consolidation du processus de paix en République Démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs.

Willy Ulengu Samuanda

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