Aéroport de Goma | L’urgence humanitaire s’impose au-delà des fronts, un appel à la raison pour sauver des vies 

Dans un contexte marqué par une crise humanitaire persistante et des affrontements armés qui déchirent l’Est de la République Démocratique du Congo, la réouverture de l’aéroport de Goma s’érige en priorité absolue pour le gouvernement congolais. Cette infrastructure vitale, théâtre de destructions lors de la prise de contrôle par les rebelles du M23 en janvier 2025, est désormais perçue comme une « bouée de sauvetage » indispensable pour l’acheminement de l’aide aux populations civiles meurtries par la guerre.

 

C’est dans ce cadre que Madame Thérèse Kayikwamba, Ministre des Affaires Étrangères de la RDC, a fermement plaidé pour la réouverture de ce terminal aérien lors d’une interview accordée au prestigieux média allemand Deutsche Welle (DW), en marge de la 61ème Conférence de Munich sur la sécurité. Ses propos résonnent comme un cri d’alarme face à l’urgence de la situation.

 

Un carrefour stratégique pour la survie

« La question de l’aéroport de Goma est très stratégique et très importante, » a souligné la Ministre Kayikwamba. « Elle n’est pas seulement importante sur le plan logistique ; elle est cruciale, car cet aéroport constitue une bouée de sauvetage pour l’accès humanitaire et une voie d’approvisionnement essentielle pour l’acheminement de l’aide sur le terrain. » Ces mots traduisent la gravité de la situation sur le terrain, où chaque jour sans accès humanitaire équivaut à un recul dans la lutte pour la survie de milliers de personnes.

 

Le gouvernement congolais, par la voix de sa cheffe de la diplomatie, a réaffirmé l’importance capitale accordée à cette réouverture.

« C’est pourquoi le gouvernement congolais attache une grande importance à la réouverture de l’aéroport, » a-t-elle insisté.

Rappelant les engagements pris lors de la conférence humanitaire de Paris, elle a précisé la position du gouvernement : « il s’agit de désamorcer les tensions et de dépolitiser l’accès humanitaire. » Une déclaration qui appelle à une prise de conscience collective et à une action concertée, loin des considérations politiques qui pourraient entraver le secours aux plus vulnérables.

 

La MONUSCO, garant de neutralité et d’accès humanitaire

Face à la méfiance généralisée entre les différentes parties prenantes du conflit, la Ministre Kayikwamba a exprimé un souhait clair : que la sécurité de l’aéroport de Goma soit confiée à la MONUSCO.

« Seule entité qui dispose d’un niveau suffisant de neutralité dans un contexte de forte méfiance entre les parties, » la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo est appelée à jouer un rôle de premier plan. »Nous attendons de la MONUSCO qu’elle joue un rôle clé dans la sécurisation de l’aéroport et qu’elle veille à ce que l’accès soit établi avant tout à des fins humanitaires, afin que l’accès humanitaire puisse être rétabli à Goma et dans le reste de la province du Nord-Kivu, » a poursuivi Thérèse Kayikwamba.

Cet appel souligne la nécessité d’une coopération internationale renforcée et d’une confiance renouvelée dans les mécanismes de maintien de la paix pour garantir un accès humanitaire sans entrave.

 

Un appel à la responsabilité collective

L’aéroport de Goma, inopérationnel depuis janvier 2025, est le symbole des défis immenses auxquels est confrontée la RDC. La destruction de ses équipements lors des combats a accentué l’isolement des populations du Nord-Kivu, privées d’un accès essentiel pour recevoir aide médicale, nourriture et autres fournitures de première nécessité.

 

L’appel de la Ministre Kayikwamba intervient alors que plusieurs personnalités internationales, dont le Président français Emmanuel Macron, exercent des pressions sur les groupes armés pour qu’ils permettent la réouverture de l’aéroport. Cette mobilisation internationale, couplée à la détermination du gouvernement congolais, laisse entrevoir une lueur d’espoir.

La réouverture de l’aéroport de Goma n’est pas qu’une question logistique ou sécuritaire. C’est un impératif moral, un acte de solidarité envers des compatriotes en détresse. C’est un signal fort envoyé au monde : la vie humaine et la dignité priment sur tout autre intérêt. L’éveil de notre conscience patriotique nous appelle à soutenir cette initiative et à exiger que la raison et l’humanité triomphent des violences qui ensanglantent notre nation.

 

Willy Ulengu Samuanda

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