
Julien Paluku face aux députés, ce mercredi 14 mai, dans l’arène parlementaire. Le ministre du Commerce extérieur a tenté de défendre une ligne fragile, entre rigueur douanière et guerre économique larvée.
À la manœuvre : le député Thaddée Katembo, qui l’interpelle sur une mesure aussi opaque que controversée — l’interdiction présumée du transbordement des marchandises aux frontières congolaises.


Sur le papier, le débat devait éclairer une zone grise : pourquoi interdire une pratique pourtant légale selon le Code des douanes ? Dans les faits, c’est une toute autre bataille que le ministre a évoquée : celle de l’Est du pays, où la guerre armée s’accompagne d’un désordre économique. Transbordements incontrôlés, fractionnements frauduleux, circuits parallèles, douanes débordées.
Le ministre tranche :
« Ce n’est pas le transbordement qui est interdit, c’est le fractionnement ».
Nuance technique, mais enjeu politique. Car ce fractionnement — pratique qui consiste à scinder illégalement les cargaisons pour contourner les taxes — est devenu, selon lui, une règle officieuse dans plusieurs points de passage, à commencer par Kasumbalesa.


Face à lui, les députés déroulent une litanie de griefs : camions bloqués sur les routes, surtaxation abusive, corruption rampante, protection illusoire des PME, produits douteux validés par l’OCC… Le commerce aux frontières, au lieu de faire entrer des devises, saigne l’économie locale.
Julien Paluku botte en touche, promet un mémo explicatif à remettre aux élus. Mais Katembo, lui, ne lâche pas. Il salue les réponses mais reste « sur sa faim ». Et pose cinq recommandations, comme autant de signaux d’alarme : vulgariser les lois, assainir les postes frontaliers, intégrer les guichets, revoir le Code des douanes, légiférer sur les impôts parasites. Rien de neuf, sinon l’éternel recommencement.


Vital Kamerhe, en arbitre calme, glisse sa suggestion : un forum entre ministère et opérateurs économiques. Une manière élégante de renvoyer la balle sans trancher. Une de plus.
Pendant ce temps, d’autres questions restent en suspens. Celle sur le prix des permis de conduire, par exemple, reportée faute de rapport de commission. En RDC, même les débats avancent à pas de camion.
ESPÉRANT DANIEL KAMBULU