
C’est une séance parlementaire au goût de rentrée politique que prépare l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo, ce jeudi 8 mai, dans l’imposante salle de Congrès du Palais du Peuple.
Une convocation du Bureau de l’Assemblée nationale, signée du professeur Jacques Djoli, invite les élus à une plénière particulièrement dense, mêlant examen de lois et exercice du contrôle parlementaire.
En tête d’agenda, l’adoption de l’ordre du jour précédera l’examen de pas moins de huit projets de loi de ratification. Autant de textes que la Chambre basse devra entériner dans un contexte où les relations entre le pouvoir législatif et l’exécutif suscitent parfois des frictions, notamment sur les questions budgétaires et de gouvernance sectorielle.
Mais c’est sans doute le troisième point inscrit à l’ordre du jour qui retiendra l’attention : le contrôle parlementaire, avec une salve de questions orales avec débat, qui viseront plusieurs membres du gouvernement et directeurs généraux d’entreprises publiques.
Parmi les interpellations attendues : celle du député John Efambe Examba, qui entend obtenir du ministre des Finances des éclaircissements sur le financement du très médiatisé projet « Kinshasa Arena », ce palais des sports voulu comme vitrine de la modernité congolaise.
Le député Emile Sumaili Miseka, lui, demandera des comptes au ministre de l’Urbanisme et Habitat, à propos de la gestion urbaine de la capitale, mise à rude épreuve par des intempéries meurtrières ces derniers mois.

Même tonalité pour Dollie Tshilombo Kabwenda, qui interpellera le patron de l’Office des Voies et Drainage (OVD), accusé de laxisme dans la planification des infrastructures de voirie et d’évacuation des eaux.
Sur le terrain social, Freddy Bonzeke Iliki reviendra sur la politique de gratuité des accouchements, dont l’effectivité et les retombées restent controversées. Enfin, Claude Misare Mugomberwa interrogera le Directeur général de la RVA sur la légitimité de la redevance « Go-pass », régulièrement dénoncée par les usagers du transport aérien.
Cette plénière s’annonce comme un test de la vitalité du contrôle parlementaire, souvent jugé timoré face à un exécutif surpuissant. Elle devrait également permettre de jauger la capacité des députés à relayer les préoccupations de leurs électeurs, alors que les inégalités sociales et les dysfonctionnements urbains s’accumulent à Kinshasa.
LUKEKA KALUME