
À l’Assemblée nationale, un rapport explosif atterrit sur le bureau de Vital Kamerhe. Il dissèque nominations, promotions et mises à la retraite dans une institution censée garder les coffres de l’État en ligne de mire.
C’est un document qui pourrait faire bouger les lignes — ou les trembler. Ce mercredi 21 mai, la commission spéciale d’enquête sur les magistrats de la Cour des comptes, chapeautée par le député Paul-Gaspard Ngondankoy Nkoy-ea-Loongya, a remis son rapport au président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe. Un dépôt en bonne et due forme, mais aux accents de secousse dans l’architecture feutrée de la justice financière congolaise.


Mandatée depuis la plénière du 24 mars, la commission avait un objectif clair : scruter à la loupe les propositions de recrutement, les promotions et les départs à la retraite de ces juges du contrôle public. Des hommes et des femmes censés traquer les failles dans les comptes de l’État, encore faut-il qu’ils soient eux-mêmes irréprochables.
Le rapport, selon ses auteurs, repose sur une batterie d’auditions, de documents vérifiés et d’éléments croisés. Une radiographie sans anesthésie du fonctionnement interne de la Cour des comptes, qui soulève une question aussi simple que vertigineuse : comment garantir l’intégrité d’une institution si ses fondations sont branlantes ?


Présenté à la plénière ce jeudi 22 mai, le document pourrait servir de base à un avis officiel de l’Assemblée. Entre lignes de droit et lignes rouges, les députés auront à trancher. L’enjeu : éviter que la Cour des comptes ne devienne une simple boîte de validation au service de réseaux d’influence, plutôt qu’un organe de régulation impitoyable face aux dérapages budgétaires.
La commission, qui s’est appuyée sur un secrétariat technique mêlant agents politiques et administratifs de la Chambre, a promis rigueur et exhaustivité.
ESPÉRANT DANIEL KAMBULU