
À l’Assemblée nationale, les élus de la province minière dénoncent l’abandon, les ravages écologiques et l’injustice économique. Un cri poussé face à un système qui les dépouille plus qu’il ne les soutient.
Ils sont venus en bloc, la colère dans la voix, les doléances dans la poche. Ce mercredi 21 mai, les députés nationaux du Lualaba ont trouvé oreille auprès du président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe. Et ce qu’ils ont déballé ressemble moins à une supplique qu’à une révolte larvée.



Leur province, cœur battant de l’économie minière congolaise, se vide de ses ressources pendant que ses habitants s’enlisent dans la pauvreté, respirent l’air vicié et roulent sur des routes fantômes. Un paradoxe que les élus n’acceptent plus. Ils dénoncent une injustice flagrante dans la répartition du fonds SICOMINES — ce juteux partenariat sino-congolais — dont le Lualaba, pourtant en première ligne des dégâts, ne voit quasiment pas la couleur.
Des villages enclavés, des territoires coupés du monde. Et pendant ce temps, des tonnes de cuivre et de cobalt quittent le sol, enrichissent les firmes et parent les batteries du monde. « Et nous ? », interrogent les élus.



L’environnement, lui, suffoque. Les rivières empoisonnées, l’atmosphère saturée de particules toxiques, les maladies qu’on ne nomme même plus. Ajoutez à cela une armée de militaires censés sécuriser les sites, mais dont les méthodes brutales font monter l’insécurité. Ajoutez encore la tension entre les géants miniers et les creuseurs artisanaux, et vous avez un cocktail explosif.
Vital Kamerhe, fidèle à son style d’écoute et de conciliation, a promis de ne pas laisser la poussière recouvrir ces plaintes. Une commission parlementaire devrait être dépêchée sur place. Mais pour les députés du Lualaba, les paroles ne suffisent plus. Ils veulent des routes, de l’eau propre, des hôpitaux. Ils veulent que la terre qu’on saigne profite enfin à ceux qui y vivent.
ESPÉRANT DANIEL KAMBULU